Le baptême de Jésus

Le baptême de Jésus

« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Mc 1,11) dit le Père pour qualifier son Fils bien-aimé. Nous fêtons la seconde Epiphanie, la seconde manifestation de Dieu après celle des mages. La voix du Père authentifie son Fils. Il est Dieu comme son Père. Jésus ne s’autoproclame pas le Messie, le Fils de Dieu, c’est le Père qui le fait. Le Père lui rend témoignage. Sans cela, son témoignage serait nul : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai. » (Jn 5,31-32) Cet événement du baptême de Jésus met fin à la vie cachée de Jésus à Nazareth qui a duré 30 ans pour inaugurer sa vie publique, laquelle dura 3 ans. 

C’est par l’intermédiaire de Jean le Baptiste, le précurseur, celui qui ne cesse de prêcher la conversion des coeurs et la venue de celui qui est plus grand que lui, dont il affirme qu’il n’est pas digne de lui défaire la courroie de ses sandales, que cette manifestation de Dieu va s’opérer. Jean le Baptiste est la voix qui crie à la conversion dans le désert pour que la parole de Dieu faite chair entre dans les coeurs : « Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez » (Is 55,3) dit le prophète Isaïe dans la première lecture de ce dimanche. Il est la charnière entre l’ancienne alliance, lui qui est né de parents fort âgés (symbole même du vieil Israël) et la nouvelle alliance, laquelle s’établira sur la Croix, dont l’eau du Jourdain donne un avant-goût. Le baptême dans l’Esprit Saint, dont nous sommes revêtus, à la différence du baptême de conversion de Jean le Baptiste, trouve sa source dans la Croix, puisque c’est là que le Christ donne sa vie, verse son sang.

Le baptême n’est-il pas d’abord une mort (la plongée dans l’eau le signifie, car la tête sous l’eau donne la mort), puis la vie (la remontée de la plongée le signifie, puisque l’homme a besoin de cette source qu’est l’eau pour vivre) ? Le Christ, en mourant sur la Croix et en ressuscitant le troisième jour, inaugure le baptême dans l’Esprit Saint dont nous parle Jean le baptiste : « Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » (Mc 1,8). La colombe, symbole de l’Esprit Saint, est présente. Elle nous rappelle la fin du déluge et la paix de Dieu lorsque Noé vit la colombe venir à lui avec un brin de rameau d’olivier à sa bouche (signe de paix), lui qui avait pris dans son arche un animal de chaque espèce avec les membres de sa famille pour échapper à la mort comme Dieu le lui avait signifié. De fait, Dieu vient instaurer la nouvelle alliance dans le sang du Christ, qui annonce la paix rétablie entre Dieu et l’humanité et donc la fin de la mort, par le don de la vie éternelle, que le baptême donne à chacun des baptisés. D’autre part, la colombe repose sur Jésus lors du baptême, car la colombe, symbole même de l’amour, annonce Jésus, celui sur qui repose l’amour de Dieu même, le motif suprême de la venue du Christ dans le monde. 

Abbé Thierry Delumeau