La communion spirituelle

La communion spirituelle

En ces temps troublés par le coronavirus, les évêques nous invitent à prendre des précautions sanitaires, notamment en évitant de se toucher pour ne pas propager le virus. C’est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ce qu’est la communion spirituelle. Beaucoup, dans le monde et à toutes les époques marquées par la persécution contre les chrétiens, la rareté des célébrations de la messe, la présence de diverses maladies contagieuses ou encore celles au cours desquelles la communion sacramentelle était rare, les chrétiens pratiquaient ce qu’on appelle la communion spirituelle.

Qu’est-ce que la communion spirituelle?

La communion spirituelle est la communion de désir : je ne peux pas communier en recevant le Corps du Seigneur pour diverses raisons, mais je désire, au plus profond de mon cœur le recevoir, m’unir à lui qui se donne pleinement, de telle sorte qu’il vive en moi. Tant de saints, à diverses époques au cours desquelles la communion sacramentelle était peu pratiquée, ont vécu quotidiennement cette communion du désir. Elle a l’immense grâce de produire en nous des fruits comparables à la communion sacramentelle, comme le dit Saint Thomas d’Aquin : Tout se passe « comme si on l’avait reçu.» Même si l’Église recommande la communion sacramentelle fréquente (au moins une fois l’an avec la confession à Pâques, ce que l’on appelle : faire ses Pâques), néanmoins, elle n’oblige pas les chrétiens à la communion sacramentelle systématique. D’ailleurs, la communion spirituelle produit bien plus de fruit spirituel lorsqu’elle est vécue avec ferveur qu’une communion sacramentelle reçue avec tiédeur. Ce qui permet à la grâce de produire son fruit, c’est le désir. N’oublions pas, la communion n’est pas un dû mais un don. La communion spirituelle peut nous permettre ainsi de redécouvrir en profondeur le mystère de la communion sacramentelle.

Voici une prière que nous pouvons faire au moment de la communion :

« A tes pieds, ô mon Jésus, je me prosterne, et je t’offre mon cœur, qui s’abaisse en ta Présence. Je t’adore dans le Sacrement de ton Amour. Je désire te recevoir dans la pauvre demeure que t’offre mon âme.

En attendant le bonheur de la Communion sacramentelle, je veux te recevoir en esprit.

Viens chez moi, ô mon Jésus !

Que ton Amour embrase tout mon être. Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime de tout mon cœur. Amen. »

Abbé Thierry DELUMEAU