Un au revoir émouvant et chaleureux

          Le dimanche 2 septembre, nous étions très nombreux pour accompagner, remercier et dire au revoir à notre curé, André Talbot.
Une belle et émouvante messe d’action de grâce a été célébrée à  11h00, en église de St Georges les Baillargeaux.

Mot d’accueil  (par l’équipe pastorale):

         « Bienvenue à tous, paroissiens, fidèles de passage, Mesdames et Messieurs les Maires ou leurs représentants de Chasseneuil, Jaunay Clan,
St Georges  les Baillargeaux, Montamisé, Dissay, Saint Cyr, Avanton et Messieurs les Conseillers départementaux.

           André,
         Douze années c’est beaucoup mais aujourd’hui cela semble bien peu pour nous tous qui sommes tristes de vous voir quitter notre paroisse Saint Jean XXIII.
En douze années de présence à nos côtés, vous avez rencontré beaucoup, beaucoup de monde. Les sièges occupés aujourd’hui peuvent en témoigner.
         Vous avez été accueilli par des équipes composées de personnes solides et dévouées, servant fidèlement la mission, certaines sont d’ailleurs encore là.
D’autres sont arrivées : des jeunes et des moins jeunes. Chacun a pris sa place, dans la mesure de ses possibilités. En 12 ans, le visage des multiples équipes s’est transformé. C’est vous qui avez accompagné tous ces changements.
         Vous avez célébré des baptêmes, des premières communions, des professions de foi, rencontré de nombreuses familles, dans la joie et dans la peine. Tous gardent de vous l’image d’un homme patient et bienveillant,  de quelqu’un ayant toujours à cœur de respecter la liberté de l’autre, tout en l’appelant à faire le pas dont il est capable pour vivre sa vie chrétienne, la vie que Dieu propose à chacun d’entre nous.
          Pour toutes les belles choses vécues ensemble, pour ce que vous avez été avec nous et pour  nous, nous voulons aujourd’hui dire un grand merci au Seigneur qui vous a envoyé vers nous.
          Alors comme la Lettre de ce vendredi nous y engage, passons à l’action et faisons donc monter notre action de grâce au cours de cette messe qui nous rassemble aujourd’hui. »

 

Eglise de St Georges 2.09.2018

Homélie (extraits) : 

(…)   « Je suis arrivé dans le secteur pastoral qui est devenu la paroisse St Jean XXIII, en résidence à Chasseneuil, il y a 12 ans.
        J’avais 63 ans, l’âge auquel on prétend jouir de quelque sagesse et d’un certain savoir-faire.  Au moment où certains « passent à la retraite »,  je commençais une nouvelle étape de ma vie de prêtre.
Jusqu’alors ma mission concernait d’abord la formation, dans le diocèse, mais aussi à Paris à l’Institut catholique, d’abord en fac de théologie, puis en FASSE. Ce qui induisait des sollicitations diverses, pour assurer des formations en France, ou encore en Allemagne, au Québec.
          J’ai aussi toujours consacré du temps à la pastorale : aumônier de jeunes, en paroisse, dans le dialogue incroyance-foi… Au nom de cette expérience pastorale et du travail théologique, je pouvais prétendre à un certain savoir théorique et pratique.
Et durant ces 12 années avec vous, vous m’avez appris à désapprendre, pour fonder et refonder sans cesse.  Les mentalités et les modes de vie changent vite, y compris dans les manières de se référer à l’héritage chrétien et de vivre une démarche chrétienne.
          Nos pseudo sécurités, nos prétentions à tout maîtriser ont été mises à mal. Pour assumer ces bouleversements, il est insuffisant de prétendre « s’adapter », il faut réviser ses bases pour être fidèle au message afin qu’il continue à être « bonne nouvelle » pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui.
          Mieux, les remises en cause provoquent à aller plus encore au cœur de la foi comme confiance tout en travaillant à comprendre ce qui arrive en vue de formuler des projets humbles, mais sérieux.
La foi est sans doute une confiance en Dieu qui est médiatisée par une confiance entre nous. Nous avons donc appris ensemble combien il est important de travailler à la rencontre des personnes, en étant attentifs à leurs aspirations, à leurs peurs, mais surtout à leur désir profond d’une vie sensée et belle.(…)
         Avec vous, j’ai appris la beauté de la confiance (foi). J’ai été émerveillé de cette confiance accordée par des personnes qui paraissent loin de la vie en Église. Et, pour ma part, j’ai tenté de pratiquer une confiance cordiale qui a rarement été déçue. Sous le signe d’une confiance mutuelle et d’une foi partagée, nous avons avancé ensemble (catéchèse, accueil en vue des baptêmes et des mariages, accompagnement des familles en deuil jusqu’à la célébration. (…)
         Je garde la mémoire heureuse de ces partages, quand nous nous disions combien ces rencontres improbables nous donnaient à vivre et à aimer. Il y a ce que l’on projette et ce qui nous arrive, je pense aux temps forts de catéchèse avec la participation des parents), à l’accompagnement des adultes vers le baptême (autant de situations étonnantes), aux célébrations de messes des familles ou de baptêmes avec tous les imprévus à gérer dans la bonne humeur, faisant en sorte que la liturgie parle aux personnes qui de fait se trouvent là…  

        Vous m’avez aidé à grandir dans la confiance en Dieu, dans la foi.
Cessant de nous lamenter parce que les gens ne sont pas comme on voudrait, nous avons appris à nous réjouir de la rencontre de ces personnes, de ces familles, en partageant un bout de leur histoire. Pour ces rencontres « bouleversantes », nous rendons grâce (…)
         (…) Je crois qu’ensemble nous avons essayé d’éviter les pièges du cléricalisme, avec ce qu’il comporte de querelles de pouvoir, d’emprise sur les consciences, d’abus de position dominante.
Un passage d’Évangile restait pour moi un peu abstrait : « personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, à cause de l’Évangile sans recevoir au centuple, maintenant, en ce temps-ci, frères, sœurs, mères, enfants… » (Mc) C’est vous qui réalisez cette promesse du Seigneur et j’essaie de vous rendre cette affection, au point parfois de m’accommoder de vos défauts (ce qui ne devrait peut-être pas, si je n’ai pas été assez interpellant à votre égard, pardonnez-moi !).
Un exemple:. je vous aime bien trentenaires, quarantenaires, votre proximité amicale, votre franchise me touchent profondément. Un conseil : sélectionnez un peu mieux vos priorités au lieu de courir après les multiples sollicitations… Sinon, vos questions concernant le sens de la vie et ce vous voulez transmettre à vos enfants, votre désir d’avancer dans la foi, risquent de se diluer dans ce tourbillon. Quand on ne sait plus où donner de la tête, on risque de ne plus bien donner son cœur !
            Je suis heureux de saluer les élus, de vous remercier pour les relations confiantes que nous avons entretenues. Je sais combien vous donnez pour le service du bien commun, quand priment trop souvent, et de manière virulente, les intérêts particuliers. C’est pour moi un signe de l’importance vitale du politique. En lien avec les communautés chrétiennes, j’ai tenu à manifester ma responsabilité citoyenne en apportant ce qui pouvait relever de mes compétences, notamment en ce qui concerne le sens de la vie commune, sous le signe d’une fraternité ouverte.
            Vous avez le droit de savoir ce que je deviens : prêtre auxiliaire, formateur en éthique sociale (dignité humaine, bien commun), membre de Justice et Paix France (écologie). J’espère pouvoir mettre par écrit les réflexions nées de ce que nous avons vécu ensemble.
            Vous m’avez aidé à vivre l’espérance au cœur des hésitations et bouleversements de notre monde et de notre vie en Église. J’ai essayé d’en vivre et d’en témoigner, par écrit et en actes.
            La célébration eucharistique nous invite à rendre grâce à Dieu pour ce qu’il nous a donné de vivre ensemble, ce qu’il m’a donné de vivre avec vous, grâce à vous. Merci. »

verre de l’amitié

Nous avons eu du mal à nous quitter, alors, un verre de l’amitié et un repas partagé nous ont permis de prolonger ces moments forts.
Quelques cadeaux ont été remis  : un souvenir de notre paroisse ainsi qu’une enveloppe permettant une meilleure installation dans son nouvel appartement, de la documentation, des déplacements, mais aussi le partage.
Nous garderons en mémoires (et en photos) ces 12 années passées ensemble.
De merveilleux et importants moments, essentiels à la vie et à notre foi. – Bonne route André et encore merci.