Rencontre du temps de l’Avent – Quelle Église voulons-nous?

Paroissiens de Saint Jacques en Gâtine,  nous nous sommes retrouvés le 4 décembre, pour une deuxième temps de réflexion autour de la « lettre du peuple de Dieu » du Pape François.
Nous nous sommes installés en tablées de 4 à 5 personnes mélangeant prêtres et laïcs.
Notre soirée a commencé par un temps de prière à partir de la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens. Les deux passages choisis, très riches, ont lancé notre réflexion. (1 Co 1, 10-17 et 1 Co 3, 5-17)

  • Dans un premier temps, nous avons été invités à relire individuellement ces deux passages puis à prendre un petit moment de partage en tablées, sans remontée générale.
  • Dans un deuxième temps, il nous a été proposé de répondre à l’une ou plusieurs des questions suivantes :
  • Est-ce que je peux nommer un ou deux fruits reçus dans ma vie de foi de la part de l’Église ?
  • Quelle est l’Église à laquelle j’aspire ?
  • Comment faire face au cléricalisme ?
  • Comment lutter contre les abus sexuels et les abus d’autorité au sein de l’Église ?
  • Est-ce que la place des femmes me semble suffisante au sein de l’Église aujourd’hui ? Sinon, comment faire évoluer les choses ?

Après une trentaine de minute, un représentant de chaque tablée a résumé les grandes lignes de l’échange pour chaque question abordée.

Enfin, nous avons pris un petit temps individuel pour évaluer cette rencontre à partir des deux questions suivantes:

– Avec quoi je repars et quel pas suis-je prêt à faire ?

– Que peut-on faire au niveau de la paroisse ? Au niveau du diocèse ?

Remontée du deuxième temps d’échange

  • Est-ce que je peux nommer un ou deux fruits reçus dans ma vie de foi de la part de l’Église ?
  • L’espérance, le soutien dans les missions, dans la vie, dans les difficultés.
  • Dans le contexte de chrétienté d’alors, l’Église m’a permis de me révéler comme capable de prendre ma place, à partir de là, j’ai trouvé mon chemin.
  • Découverte du côté spirituel, de l’engagement, la joie d’appartenir à une famille, à une Église de frères et de sœurs en Jésus Christ.
  • Des témoins du Christ, un moine, sœur Emmanuelle, des chrétiens engagés… m’ont fait découvrir intimement que j’avais la foi et que je pouvais faire quelque chose pour l’Église.
  • L’échange sur les faits de vie en CMR
  • Une aide à vivre dans le monde matérialiste actuel, à prendre du recul, de la hauteur.
  • Apprendre dans les groupes de partage et d’Évangile à mieux connaître le visage de Jésus, comme une personne.
  • Les sacrements, l’Évangile, on se sent protégé.
  • La joie du service.
  • Une Église qui accueille.
  • Confiance, espérance, partage.
  • Attention apportée aux plus pauvres.
  • Égale dignité de toutes les personnes, quelles que soient leurs capacités.
  • Chacun et chacune appelés au salut.
  • Témoignage d’un curé âgé qui m’a fait le caté.
  • Le partage d’Évangile dans mon couple.
  • Quelle est l’Église à laquelle j’aspire ?

– Celle à laquelle j’appartiens : celle du peuple de Dieu.
– Une Église :

  • qui reviendrait aux sources de la foi, on est trop « dans la religion », des prises de position sont mal comprises,
  • plus missionnaire, plus près de l’Évangile…mais j’aime mon Église !
  • plus ouverte sur le monde, moins enfermée dans des cérémonies protocolaires,
  • avec des cérémonies plus vivantes, avec plus d’enfants !
  • Une Église plus vivante, plus jeune (même si c’est difficile dans le contexte actuel), plus joyeuse,
  • avec des chrétiens qui ne se critiquent plus et acceptent la différence, la diversité,
  • plus à l’écoute des gens, qui ne regarde pas de haut mais soit proche et accueille,
  • qui témoigne de la bonne nouvelle de Jésus Christ et la diffuse,
  • dont les rites soient plus accessibles, mieux expliqués,
  • plus proche des petits, des marginaux. Mais comment les rencontrer ?
  • qui ne néglige pas le rôle du prêtre.

– Une Église institutionnelle qui change de style.

  • Comment faire face au cléricalisme ?
  • Le cléricalisme, c’est la prise de pouvoir par des prêtres ou des laïcs : respecter la durée des mandats, « rendre des comptes » ( un référent)
  • Le prêtre n’est pas un chef : il faut accepter de ne pas le mettre sur un piédestal.
  • Les prêtres ont besoin d’être plus proches de la vie sociale.
  • Lors de leur formation, il faudrait que les prêtres aient une plus grande ouverture sur le monde.
  • Le prêtre n’est pas sacré, il est un pasteur qui se tient devant, au milieu ou encore derrière ses brebis selon les situations.
  • Les prêtres devraient être plus ouverts au dialogue.
  • Le cléricalisme n’est pas réservé aux prêtres, n’est-il pas en chacun de nous, dans notre regard sur les autres ?

 Comment lutter contre les abus sexuels et les abus d’autorité au sein de l’Église ?

  • En faisant de la prévention : jamais un enfant seul en présence d’un adulte qui n’est pas de sa famille. Vigilance dans le suivi des personnes recrutées qui seront en contact avec des enfants.
  • En informant l’enfant que l’adulte doit le protéger et que nul ne doit toucher son corps.
  • Former les personnes au contact d’enfants à la vigilance.
  • Ne pas hésiter à signaler un comportement inapproprié.
  • Envisager le mariage des prêtres…
  • Autrefois, les prêtres étaient inattaquables car les dénoncer revenait à nuire à l’Institution. Aujourd’hui, les choses sont heureusement différentes.
  • Est-ce que la place des femmes me semble suffisante au sein de l’Église aujourd’hui ? Sinon, comment faire évoluer les choses ?
  • Il ne s’agit pas de faire de la compétition.
  • Nous sommes différents et complémentaires.
  • Plus grande collaboration entre hommes et femmes.
  • Donner sa place à chacun, père, mère, enfant.
  • Place de la femme pas assez importante.
  • Les femmes ont beaucoup de fonctions dans l’Église et de plus en plus de postes en responsabilité. Leur en donner plus ?
  • Ouvrir le ministère de la Parole à des femmes formées.
  • Ordonner des femmes diacres ? Quand un diacre permanent est ordonné, on met l’accent sur le consentement de sa femme. Pourquoi pas des diaconesses ?

Quelques points forts énoncés lors de l’échange

  • Comme toute chrétienne et chrétien, le prêtre est témoin de Jésus-Christ. Il n’est pas un chrétien au-dessus des autres.
  • Les abus sexuels sont dus à un abus d’autorité en particulier d’autorité spirituelle.
  • Le prêtre ou toute personne en responsabilité ne doit pas devenir un gourou.

Temps d’évaluation individuelle

Avec quoi je repars et quel pas suis-je prêt à faire ?

  • Bilan mitigé : espérance d’un renouvellement partagé mais crainte d’une évolution très lente (peu de personnes mobilisées sur le sujet).
  • Insatisfaction car je pensais que nous allions aborder l’essentiel du problème « les abus sexuels dans l’Église » et parler plus des solutions à apporter. Je n’ai pas aimé la question 5.

-Je repars de cette soirée :

  • avec reconnaissance. Je suis prête à œuvrer pour une pastorale où chaque personne a sa place, sa juste place.
  • nourrie de l’échange avec le besoin d’un approfondissement.
  • convaincue qu’il faut revenir aux sources de la foi et s’appuyer toujours plus sur la Parole de Dieu
  • éclairée.
  • en me sentant membre d’une Église en paroisse qui se cherche, pour que toutes et tous soient respectés.
  • avec plus de connaissances et de réflexion sur l’aspiration de l’Église pour son évolution.
  • en colère devant la faible participation mais enrichie par le dialogue des participants.
  • heureux des échanges, de la connaissance des avancées possibles, mais déçue que les chrétiens de Gâtine se sentent peu concernés.
  • convaincue que le cléricalisme est au moins aussi fort chez les laïcs que chez certains prêtres !
  • joyeuse du partage et nourrie de ce que j’ai pu entendre.
  • avec une ouverture sur l’Église plus innovante, plus sereine.

– Rencontre très riche.

– Échange très pertinent donnant de l’espoir.

– Soirée très positive.

Que peut-on faire au niveau de la paroisse ? Au niveau du diocèse ?

  • Expérimenter différentes formes de vie en Église, en dehors des célébrations liturgiques (maisons d’Évangile, assemblées de prières en absence de prêtres).
  • Proposer des formations bibliques, théologiques, liturgiques pour mieux comprendre la foi de l’Église
  • Faire remonter les réactions des personnes en marge de la pratique régulière des célébrations.
  • Nous pouvons nous former, tout spécialement en ecclésiologie.
  • Savoir s’adapter aux circonstances.
  • Annoncer inlassablement, accueillir chacun comme il est, là où il en est, femme, homme, jeune ou moins jeune.
  • donner du temps selon mes capacités.
  • Continuer le dialogue, signaler les dérives.
  • Travailler sur le nombre de prêtres.
  • Réfléchir à la place à donner aux laïcs.
  • Rendre l’Église plus simple et humble et recentrée sur la foi et non sur la religion.
  • Mieux écouter pour aider et comprendre.
  • Au niveau de la paroisse, essayer d’aller dans des communautés où il y a peu de monde qui participe à ce type de rencontres.
  • Partager plus lors des diverses rencontres.
  • Être plus ouverte aux autres quand j’assiste à la messe, accueillir les gens (se serrer la main, bonjour, plus de contacts).
  • Un groupe de réflexion dédié spécifiquement à l’évolution de la place de la femme dans l’Église au niveau du diocèse ?

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Photos de Martine Pineau et Texte de Catherine Pinon