Neuvaine à L’Agenouillée – Homélie du 1er septembre

22° dimanche du temps ordinaire
Sanctuaire Notre-Dame de l’Agenouillée
Azay-sur-Thouet
1° septembre 2019

Homélie du Père Frédéric Dacquet

Choisir sa place par force ou la recevoir dans la confiance

Demander au dernier arrivé de partager le repas est une manière de souligner l’attention extrême envers celui qui peine à vivre au rythme des premiers arrivés, les forts.
Certains vivent comme dans un TGV pendant que d’autres sont tirés par une vieille Micheline à bout de souffle usée par l’âge et les épreuves. D’ailleurs ne parle-t-on pas de train de vie ?
Alors que les premiers choisissent leur place, le dernier se laisse déplacer.
Là est la différence entre une attitude qui cherche à posséder à tout prix en jouant des coudes, quitte à écarter les intrus, ceux qui dérangent et une attitude confiante, patiente, manifestée par celui qui se sait aimé, gratuitement, sans mérite.

Pas à pas, venez et voyez (Jn 1)

La neuvaine de prière et de charité qui débute aujourd’hui est bien plus qu’un train train annuel, car elle nous met sur les rails autrement ! Elle nous invite à nous ouvrir à une écoute attentive de la Parole de Dieu et du message de l’Agenouillée.
Ici, en 1550, le miracle peut alors se produire : La misère rencontre la miséricorde, sans se sentir jugée.
En choisissant spontanément d’écouter la voix du Seigneur lui intimant l’ordre de venir en aide à une pauvresse, sans renoncer pour autant à aller à la messe, madame Darrot se met à l’école de l’Évangile que nous venons d’entendre.
La toute puissante, la riche possédante, s’abaisse et la pauvresse est élevée au rang des dignitaires. Elle prend place à la table des grands de ce monde. Ce faisant, Madame Darrot est élevée, car elle sait que cette pauvresse, c’est le Christ qui l’invite à le reconnaître présent en toute personne et dans l’hostie consacrée.

Servir le Christ, c’est servir son frère. Servir son frère, c’est servir le Christ.

Pour nous aider à vivre toujours plus cette dynamique, nous offrons au Seigneur notre action de grâce pour toutes les fois où il est venu jusqu’à nous quand il s’est présenté sous les traits d’un pauvre, d’un estropié, d’un boiteux, d’un aveugle.
Comme le Christ sur la croix, ces petites gens n’ont rien à donner, ils sont faibles aux yeux du monde.
Cependant, ils nous ouvrent un chemin de vie car ils donnent ce qu’il y a de plus précieux : la confiance.
Si la procession eucharistique, au moment de la communion, devrait toujours commencer par ceux qui sont arrivés en dernier, depuis le fond de l’église, c’est bien pour dire tout cela : que nul n’est trop pauvre pour ne rien avoir à donner ou à recevoir car il est fils de Dieu et qu’il vaut plus que tout l’or du monde.

Qu’il me soit fait selon ta parole (lc 1)

Marie l’ a compris, elle qui, mère du Sauveur, apprends à devenir servante du Seigneur, jour après jour, pas à pas, écoutant la parole de son fils comme nous le ferons tout spécialement tout au long de cette neuvaine.
Comme Marie, demandons au Seigneur la grâce de devenir toujours plus serviteurs en retenant comme elle les paroles de son fils, en les méditant et qu’ainsi, à l’appel de l’Époux de l’ Église, nous disant « venez et voyez », nous nous mettions en marche jusqu’à l’heure où nous serons réunis pour l’éternité.

Page du Sanctuaire Notre-Dame de l’Agenouillée; cliquer ici