Rassemblement des équipes du Rosaire à Celles-sur-Belle

« OSONS DIRE », c’est donc ce thème d’année que frère François-Dominique nous présentait lors du Rassemblement des équipes du Niortais le 13/05/19 à Celles-sur-Belle. Notre responsable départementale, Madame Viviane Piquereau avait souhaité que Michel Chupin, notre nouveau coordinateur pour la paroisse Saint-Jacques-en-Gâtine y vienne, et j’ai eu la joie de l’y accompagner avec Père Frédéric. Mon intention est de vous partager ici le peu de ce que j’ai retenu de son enseignement formidable. Puisse-t-il vous rejoindre aujourd’hui !

D’emblée, notre frère François-Dominique nous précise qu’il ne s’agit pas de réfléchir ou de savoir ce que nous avons à oser dire : notre foi, notre espérance, notre catéchisme, notre engagement… Non. Notre questionnement se limite à décrypter le sens de la formule « Osons dire », ce que notre frère nous développe autour des 7 points suivants :

1) C’est le désir constant de Dieu que nous osions dire. Pour preuve son questionnement. Dès le premier livre de la Bible, après la chute, Dieu appelle et interroge Adam et Eve. Son interdit lui-même est amorce de dialogue : « inter-dire ». Dans l’Evangile, dès sa première venue au Temple de Jérusalem, Jésus interroge les Docteurs de la Loi. A l’aveugle, il demande « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » A ses disciples, il demande de répondre : « Et pour vous, qui suis-je ? » Sa Parole suscite notre parole. Il veut nous écouter, il veut que nous « osions dire ».

2) Dieu nous donne lui-même les mots par lesquels nous « osons dire ». La liturgie à la messe introduit le « Notre Père » par cette expression. La prière du Notre Père est composée des mots-mêmes donnés par Jésus et nous les adressons au Père par nos lèvres. Toute la liturgie est tissée des paroles tirées de la Bible. Quand la Vierge Marie chante son Magnificat, elle ne fait que citer la Bible : Cantique d’Anne, Cantique de Zacharie…

3) Si Dieu nous donne des mots, c’est pour susciter nos propres mots, entendre notre parole, nous permettre de nous positionner, nous permettre de nous mettre à nu, en danger, nous compromettre, nous risquer. Il l’a fait à Cana. Constamment. En Jn II quand, il a chassé les marchands du Temple. Quand il a dit qui il était.

4) Car la parole est d’abord et avant tout un séparateur. Dans la Genèse, c’est par sa parole que Dieu sépare et crée. La parole nous donne de sortir de la confusion. « Oser dire » c’est reconnaître que par ma parole personnelle j’accède à mon individualité, je deviens moi. J’affirme mon être proprement personnel, j’épouse mon individualité et la relation m’est rendue possible.

5) C’est du fond de mon silence que ma parole peut alors entrer en communication, me permet de connaître l’autre et dilate avec cet autre l’espace de communion qui m’est offert.

6) Quand je parle, c’est donc pour affirmer ma différence. Mais il existe différents langages pour dire à son frère qu’on l’aime :

+ Aux foyers Notre-Dame, le Père Caffarel recommandait le devoir de s’assoir dans le cadre d’un partage régulier et mensuel.
+ Mais on peut toujours prendre des moments privilégiés pour parler en profondeur avec quelqu’un.
+ On peut lui dire notre amitié par des services rendus.
+ On peut lui donner des paroles valorisantes : faire ressortir ce qu’on trouve de beau en lui.
+ On peut lui offrir un cadeau.
+ Le toucher physique est dans certains cas la seule communication possible. Pour un deuil, on embrasse la personne qui pleure. On prend la main d’une personne aphasique… On offre gratuitement son sourire. N’oublions pas que nous sommes la religion de l’incarnation. Il nous faut donc nous ajuster à l’autre. Décrypter le langage privilégié grâce auquel l’autre pourra nous comprendre.

7) Mais la parole qui parle à tous est celle de la charité. La charité en actes. C’est donc dans le faire, dans notre faire, que tous pourront apprécier et comprendre notre témoignage. Attention, car il y a scandale s’il y a dichotomie (séparation, c’est-à-dire opposition entre notre dire et notre faire). N’oublions jamais l’importance primordiale de notre témoignage de vie.

8) S’il fallait ajouter un 8°point à cette recherche de sens de notre thème « Osons dire », on pourrait suggérer à tout un chacun de confirmer l’authenticité de sa bonne compréhension : Que chacun vérifie donc si sa propre parole suscite la parole chez ses interlocuteurs… si son « Osons dire » favorise chez l’autre un vrai dialogue avec lui !…

Notre-Dame des Missions difficiles, intercède pour nous, offre à nos paroisses la joie de voir se multiplier ces lieux d’amitié fraternelle où l’on « ose dire » la beauté de notre baptême, le réconfort que nous apportent nos Equipes du Rosaire, l’émerveillement qui nous saisit devant la beauté du Cœur Immaculé que tu nous révèles.

13 Mai 2019 Celles-sur-Belle, Louis-Marie Barreau

Page des équipes du Rosaire sur le site de la paroisse Saint-Jacques en Gâtine