Accompagnement des familles endeuillées

Lundi 11 mars 2019, plus de 80 personnes des équipes Deuil-Espérance et des permanents d’accueil de la paroisse Saint-Jacques-en-Gâtine ont répondu à l’invitation de l’équipe de formation pour réfléchir sur le thème : « Le chemin du deuil : ses manifestations et ses incidences sur la personne endeuillée ».

Le temps de l’accueil

Après un rapide mot d’accueil, le Père Gérard Mouchard, Curé de la paroisse, a présenté le contexte et l’objectif général de la journée, ainsi que les deux intervenants :
– Martine Piton, psychologue clinicienne, Présidente de l’association « Vivre son deuil Poitou-Charentes » sollicitée pour traiter de l’apport psychologique sur l’accompagnement du deuil ;
– le Père Jean-Luc Voillot, de l’ordre de saint Benoît, invité à apporter un éclairage biblique à la lumière de la Parole.

S’en est suivie une présentation ludique des participants, chacun brandissant une serviette en papier lorsqu’il était concerné, puis la présentation des objectifs et du déroulement de la rencontre. Sans oublier quelques informations pratiques (toilettes, repas …).

L’apport psychologique sur l’accompagnement du deuil

Quelques constats préliminaires


– la disparition des repères religieux et sociaux : disparition des rites, même s’ils perdurent dans l’Eglise ;
– l’occultation de la mort et du deuil : la mort est devenue tabou car elle fait peur. On sait que l’on va mourir mais on ne veut pas en prendre conscience ;
– le deuil est vécu dans l’intime. La mort n’est plus partagée. La dynamique du deuil n’est plus comprise de nos jours et met dans un vécu de solitude et d’incompréhension.

 

Le chemin du deuil selon Annick Ernoult

  • L’état de chocL’annonce de la mort produit un choc, un moment de sidération et d’anesthésie émotionnelle, un moment de non intégration de la perte définitive, choc qui peut durer de quelques heures à quelques jours.
  • La période de désorganisation

    Elle se manifeste par un véritable déni. La personne endeuillée n’intègre pas le départ de l’être cher. Cette période se caractérise de diverses façons :
    – des pertes de repères ;
    – des troubles physiques comme la fatigue ;
    – une illusion du deuil se traduisant par de véritables bouffées délirantes, de véritables hallucinations : je l’ai entendu marcher, je l’ai vu dans la cuisine, il m’a parlé … Ces illusions de présence sont normales et fréquentes. La personne en deuil ne délire pas. Il faut la rassurer. Non, vous n’êtes pas fou, vous n’êtes pas folle …
    – des questions existentielles telles l’absurdité de la vie, la remise en questions de valeurs …
  • Une phase dépressive

    Ce déni, c’est se donner du temps pour sursoir à la réalité. Il ne faut pas le casser. Bien au contraire, il faut l’écouter. Ce déni s’accompagne de périodes plus ou moins fréquentes de colère et de culpabilité conduisant bien souvent à une phase dépressive. Ce vécu dépressif est bien différent de la dépression. Un recours à la médication ne fait généralement que retarder la confrontation avec la douleur mais ne l’annule pas. Voir un psychologue ou un psychiatre montre que l’on a besoin d’accompagnement.
  • La période de réorganisation

    Ce chemin de reconstruction oscille en permanence entre le passé et l’avenir. Il passe tout d’abord par la reconnaissance de la perte, à laisser partir, ce qui ne veut pas dire pour autant oublier. Le départ est progressivement intégré, accepté dans un mouvement d’intériorisation, de cheminement intérieur.
    Peu à peu, la personne endeuillée va formuler des projets qui s’accompagnent parfois d’une réorganisation du réseau social et d’un nouvel investissement.

Comment aider la personne endeuillée ?
De quoi a-t-elle besoin ?

  • Réinventer des rites personnalisés au moment de « l’au revoir ». Ils permettent de faire mémoire, de partager des émotions et de repartir dans la vie.
  • Mieux comprendre la mécanique du deuil, ce qui favorisera le retour à la vie quotidienne.
    – Ecouter ce que vit l’endeuillé(e) sans donner de conseil ;
    – Respecter le rythme qui est le sien ;
    – Accueillir ses émotions ;
    – Rester patient, se monter bienveillant et confiant en ses ressources ;
    – Être attentif en respectant les moments de solitude.

Temps de prière

L’après-midi a débuté par la lecture, à 4 voix, d’un texte de l’évangile selon saint Luc, au chapitre 24, les versets 1-35. Jésus ressuscité rencontre deux disciples sur le chemin d’Emmaüs. La méditation qui a suivi, menée par le P. Laurent Laflèche, est inspirée des écrits de Michelle Berthomé.

L’éclairage biblique sur l’accompagnement au deuil

S’appuyant sur le texte d’évangile qui a été lu, le Père Voillot a indiqué quelques pistes pour s’approprier un texte, une lecture et le vivre selon les circonstances.
– Ecouter : une écoute bienveillante de la famille que l’on reçoit pour mettre des mots sur ce qu’elle vit. Cette parole est libératrice. Il faut savoir la décrypter et, pour cela, prendre du temps pour accueillir la famille.
– Lire : le choix de la lecture est important. Là aussi, il faut prendre du temps et, si nécessaire, aider la famille à faire le bon choix.
– Évangéliser : expliquer l’Ecriture demande de la souplesse ; il en est, comme disciple évangélisateur, de notre devoir de baptisé. Il faut donc bien se préparer pour parler juste.
– Célébrer : c’est aussi ritualiser la mort afin d’abandonner aux mains de Dieu celui qu’ils aiment. D’où la nécessité de bien expliquer le sens des rites : croix, cierge(s), objet(s) en lien avec le défunt. Attention aux fleurs qui ne doivent pas devenir envahissantes (discernement de la part de l’équipe qui anime) !
– Chanter : le choix du chant d’adieu est important. Un chant à la Vierge ne viendra qu’après. Il est une recommandation à Marie et non un chant d’adieu.
Cet adieu n’est pas un « fourre-tout » mais il est difficile de ne pas laisser quelques choix à la famille. Il faut savoir discrètement les limiter.

Les carrefours

  • Le premier (6 X 6) en lien avec l’éclairage biblique du Père J.L. Voillot « qu’est-ce qui vous a surpris, interpellé, ému ? »
  • Le second (par petits groupes » avait pour objectif de faire remonter des propositions pour garder des liens avec les proches du défunt après la sépulture.
  • Les travaux de la journée ont été entrecoupés de chants, dont l’un gestué, animés par Martine Pineau, accompagnés à la guitare par le Père Frédéric Dacquet.
  • Avant de se séparer, quelques dates de la vie paroissiale ont été rappelées. Retrouvez-les dans l’agenda, sur le site Internet de la paroisse. Elles seront rappelées dans la Newsletter hebdomadaire.

Pour plus d’informations, 2 adresses utiles :

– Association SPAMA (Soins Palliatifs et Accompagnement en MAternité)
www.spama.asso.fr

– Association Vivre son deuil Poitou-Charentes. Elle regroupe des associations de la région assurant un soutien aux personnes endeuillées.
Contacts : vivresondeuil.pc@laposte.net – Tél. : 07.80.36.50.31

Texte et photos : Michel Bonnessée

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