Mardi de la 7ème semaine de Pâques

Dans toute la paroisse et plus encore...

Christian Genre, diacre ofs.

 Saints du jour : Béranger, Joseph Chang, Marie-Anne de Paredes, Francesco Patrizi  (1266-1328). Cet homonyme de l’humaniste du XVème siècle et du savant vénitien du XVI7me siècle est un siennois entre dans l’ordre des Servites de Marie à l’âge de 22 anns. Ordonné prêtre trois ans plus tard, il s’avère être à la fois un excellent prédicateur, un confesseur apprécié et un guide spirituel ferme et sage. Son amour inaltérable pour la Vierge Marie le guidait. Philippe Néri (1515-1595) Ce florentin de naissance mais romain d’adoption sut assumer dans la joie l’austérité des Béatitudes. Il se donna sans réserve aux jeunes, aux malades, aux prisonniers tout en menant une intense vie de prière qui le transfigurait littéralement lorsqu’il célébrait l’Eucharistie. Il fonda l’Oratoire du Divin-Amour pour donner une formation spirituelle à la jeunesse, l’occuper à chanter la louange de Dieu et servir les pauvres. Son humour est resté une marque de son apostolat. Quelques traits : à quelqu’un qui l’interroge sur l’opportunité de porter un cilice, il répond : « Certainement, mais au-dessus des vêtements ». A un autre qui l’entretient des transports mystiques d’une très pieuse jeune fille, il réagit : « Qu’on la marie ! ». L’humilité qu’il avait prise pour socle de sa vie spirituelle le garde contre toutes attaques, il disait souvent à son réveil : « Seigneur, protégez bien Philippe aujourd’hui, sinon Philippe va vous trahir ! « . La fécondité de son charisme perpétué par l’Oratoire demeure vive aujourd’hui. Nous pouvons prier spécialement pour celles et ceux, des prêtres en particulier, qui sont reliés à l’Oratoire.

Saint Philippe Néri

HYMNE : AMOUR QUI PLANAIS SUR LES EAUX

La Tour du Pin — CNPL

Amour qui planais sur les eaux
Et les berças du premier souffle,
Nos âmes dorment ;
Prends-les d’un battement nouveau
Qui reflue au Christ vers leur source
Pour déborder parmi les hommes.

Tu es cette voix qui gémit,
Dans les douleurs de notre monde,
Le nom du Père ;
Mais en retour, tu es aussi
La voix apportant sa réponse :
L’Amour de Dieu couvre la terre.

Tu es la genèse en tout temps,
Tu es le vent qui crie naissance
À l’âme obscure ;
Tu nous engendres du dedans,
Tu fais tressaillir le silence
Au fond de toute créature.

Amour descendant aujourd’hui,
Viens agiter les eaux enfouies
De nos baptêmes,
Qui de la mort de Jésus Christ
Nous font resurgir dans sa vie :
Tout est Amour dans l’Amour même.

Nous retrouvons Paul mais la liturgie nous prive encore d’un passage important des Actes des Apôtres, le début du chapitre 20.

« Quand le tumulte se fut calmé, Paul fit venir les disciples et les encouragea ; puis, les ayant salués, il se mit en route pour la Macédoine. Après avoir traversé la région en adressant aux disciples de nombreuses paroles d’encouragement, il arriva en Grèce et y passa trois mois. Il allait prendre la mer pour la Syrie, lorsqu’à la suite d’un complot des Juifs contre lui, il décida de repasser par la Macédoine. Il était accompagné par Sopatros, fils de Pyrrhos de Bérée, par Aristarque et Secundus de Thessalonique, par Gaïos de Derbé, par Timothée, ainsi que par Tychique et Trophime de la province d’Asie. Ces derniers étaient partis en avant et nous attendaient à Troas ».

Paul rejoint la Macédoine, probablement parle même chemin que la première fois mais se contente de brefs séjours pour conforter les communautés. Il ne s’arrête vraiment qu’en Grèce et sous ce vocable, il s’agit certainement de Corinthe d’où il pense repartit pour la Syrie, Antioche donc. De nouveau il est confronté à un conflit avec la communauté juive, à Corinthe ou ailleurs, le texte est peu clair sur ce point. Il doit abandonner son idée et utiliser la voie terrestre. Son équipe est nombreuse, Sopatros de Bérée (Véria), Aristarque et Secundus de Thessalonique, Gaïos de Derbé, Tychique et Trophime d’Asie (des nouveaux aussi).  Si vous vous souvenez de l’émeute d’Ephèse, Gaïus/Gaïos et Aristarque étaient bien présents, tous deux donnés comme Macédoniens, or ici Gaïos-Gaïus serait de Derbé, erreur ou bien que né à Derbé, il pouvait résider à Philippes, Lydie était bien de Thiatyre. On ne le retrouve pas plus loin dans les Actes ou les lettres de Paul. Par contre Aristarque, au nom très grec, nous le retrouvons dans Actes 27,2 : « Nous montâmes sur un navire d’Adramytte, qui devait côtoyer l’Asie, et nous partîmes, ayant avec nous Aristarque Macédonien de Thessalonique » et en Colossiens 4,10 : «Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres (s’il va chez vous, accueillez-le)  puis dans Philémon 1,24 « Je te salue, ainsi que Marc, Aristarque, Démas, Luc, mes compagnons d’œuvre ». Quant à Tychique nous le retrouvons dans les lettres aux Ephésiens (6,21-22), aux Colossiens (4,7-9) et la 2ème lettre à Timothée (3,12). Probablement né à Ephèse, il est détenu en même temps que l’apôtre Paul lors de sa première captivité, à Rome. Ensuite, il est chargé par Paul, avec Onésime, de porter une lettre aux chrétiens de Colosses qui sont confrontés à des doctrines non conformes. À cette occasion, Paul indique aux Colossiens : « Tychique vous informera, ce disciple bien-aimé qui m’est un fidèle assistant et compagnon de service dans le Seigneur. Je vous l’envoie tout exprès pour vous donner de nos nouvelles et réconforter vos cœurs ». Tychique porte aussi une lettre aux Éphésiens, probablement une circulaire pour les Églises d’Asie. Cette mission lui a été confiée par Paul, qui en informe Timothée et suggère à Tite que Tychique soit envoyé en Crète pour le rejoindre.

« Quant à nous, après la Pâque, nous avons embarqué à Philippes ; et, au bout de cinq jours, nous les avons rejoints à Troas, où nous avons passé sept jours ».

Paul passe donc la Pâque en Macédoine, probablement à Philippes. Même si tous les spécialistes ne sont pas d’accord, il semble que ce serait la Pâque de l’année 58, son long séjour à Ephèse ayant pu avoir lieu de l’automne 53 au printemps 57, son retour en Macédoine pendant l’été suivant et son séjour à Corinthe dans l’hiver 57-58.

On notera que le rédacteur des Actes a oublié que Philippes n’est pas au bord de la mer à moins que ce ne soit un simple raccourci d’écriture.

Cinq jours puis sept jours. En relisant les Actes ces derniers jours, je suis frappé par un sentiment d’accélération des événements, une accélération voulue ou subie par Paul qui semble pressé, par quoi, les Actes n’apportent guère d’explications. La traversée Philippes-Troas est lente, 5 jours contre deux jours la première fois mais dans l’autre sens. On est tributaire du vent à cette époque ! Ce passage à Troas est marqué par un événement exceptionnel.

 « Le premier jour de la semaine, nous étions rassemblés pour rompre le pain, et Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretenait avec ceux qui étaient là. Il continua de parler jusqu’au milieu de la nuit, car, dans la salle du haut où nous étions rassemblés, il y avait suffisamment de lampes.  Un jeune garçon nommé Eutyque, assis sur le rebord de la fenêtre, fut gagné par un profond sommeil tandis que Paul prolongeait l’entretien ; pris par le sommeil, il tomba du troisième étage et, quand on le souleva, il était mort. Paul descendit, se précipita sur lui et le prit dans ses bras en disant : « Ne vous agitez pas ainsi : le souffle de vie est en lui ! »  Il remonta, rompit le pain et mangea ; puis il conversa avec eux assez longtemps, jusqu’à l’aube ; ensuite il s’en alla. Quant au garçon, on l’emmena bien vivant, et ce fut un immense réconfort ».

Ce passage nous renseigne sur la pratique des premières communautés : le dimanche, les fidèles se rassemblent, « ils partagent le pain », rappelons-nous que le plus ancien récit de l’Eucharistie nous le devons à Paul, nous le lisons chaque année le Jeudi Saint. Paul prêche et il parle longuement, il fait nuit mais heureusement on est bien pourvu en lampes à huile et en huile ! Certains s’endorment mais être assis sur un bord de fenêtre est dangereux ! Pauvre Eutyque, son nom signifie pourtant le chanceux ! On dévale les étages, trois ! Hélas il est mort, mais Paul, calme, le prend dans ses bras et il ne fait rien, pas un geste comme l’aurait fait Jésus, pas même une parole. Non il constate que « le souffle de vie est en lui ». Ouf, il n’a rien, rien de grave. On l’emmène et tout le monde est soulagé. On remonte les 3 étages et, enfin, Paul rompt le pain, on communie et Paul reprend la parole.

Je ne vous cache pas que cet épisode raconté par Luc, à l’évidence Luc était là, on sent le vécu dans ce récit, m’a toujours posé question. En préparant ce texte, je suis tombé, merci internet, sur un commentaire, que je juge intéressant, de nos frères protestants de l’Eglise évangélique libre de Toulouse. Si le cœur vous en dit : https://eeltoulouse.fr/?p=1535

« Pour nous, ayant pris les devants par bateau, nous avons gagné le large pour Assos, où nous devions reprendre Paul ; celui-ci, en effet, devait y aller par la route : ainsi en avait-il disposé. Lorsqu’il nous a rejoints à Assos, nous l’avons repris pour aller à Mitylène. Nous avons embarqué le lendemain et, de là, nous sommes parvenus en face de Khios ; le jour suivant, nous avons fait la traversée jusqu’à Samos, et le jour d’après nous sommes allés jusqu’à Milet. En effet, Paul avait pris la décision de passer au large d’Éphèse pour ne pas avoir à rester trop longtemps dans la province d’Asie, car il se hâtait pour être, si possible, à Jérusalem le jour de la Pentecôte ».

A nouveau, on voit bien que Luc est bien là, même si son nom n’est pas cité dans les Actes. Les compagnons prennent le bateau pour Assos, un port situé de l’autre côté de la presqu’île où se situe Troas, Paul préférant la voie de terre, on ignorera pourquoi. Ils y sont arrivés avant lui, il les rejoint et ils prennent le bateau pour Mytilène, le port de l’ile de Lesbos.

C’est le même chemin qu’ont pris et prennent encore les réfugiés qui rejoignent au prix de leur vie Lesbos, Chio, Samos etc…depuis la Turquie. J’avoue qu’ayant parcouru ces îles en un temps, pas si lointain, où seuls les touristes occupaient les plages, j’ai très mal dans mon cœur en pensant à ces enfants, femmes et hommes, entassés dans des camps insalubres, plus mal encore devant les images insoutenables des noyés échoués sur la grève ou repéchés par les garde-côtes grecs ou turcs. Prions pour eux, pour celles et ceux qui leur viennent en aide, pour que les femmes et hommes de bonne volonté l’emportent sur l’esprit de guerre.

Paul a décidé de « zapper » Ephèse car il est pressé, Il veut être à Pentecôte (58 ?) à Jérusalem. 50 jours entre Pâques et Pentecôte pour faire le trajet Philippes-Jérusalem, avec les aléas de la navigation et des routes, c’est un challenge surtout avec un début laborieux. Donc une escale courte dans le port de Milet, comme à Ephèse, la ville est aujourd’hui à 5 km de la mer ! Visiter les ruines, magnifiques par 45° à l’ombre, c’est très dur ! Ce n’est pas Luc qui le dit, c’est moi!

Le théâtre de Milet.

Et nous arrivons enfin au texte du jour !

« Depuis Milet, il envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus. Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous, car je n’ai rien négligé pourvous annoncer tout le dessein de Dieu ».

C’est le début du long discours d’adieu de saint Paul aux Anciens d’Ephèse. Il est poignant. Nous lirons demain la suite de ce qui est comme une forme de testament.

Non vous ne rêvez pas, non votre mémoire est bonne, en lisant l’Evangile du jour, vous relisez celui du dernier dimanche.

Pour ne pas se répéter, je vous propose un court commentaire trouvé sur le site des Passionistes de Polynésie :

La grande prière de Jésus avant sa passion ! Il prie pour ses apôtres, ses disciples et par là même il prie aussi pour nous, chrétiens baptisés en sa mort et sa résurrection..

Jésus prie son Père de  le glorifier ….

« Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe ».

Jésus est pleinement homme mais il est aussi pleinement Dieu. Sa prière est un acquiescement à la Passion ou en dans sa mort et sa résurrection il glorifiera son Père par son œuvre de salut et ou il retrouvera pleinement sa gloire du Ciel.

Cependant si Jésus prie pour ses apôtres c’est qu’il sait que la gloire du ciel ne va pas sans la croix de la terre. Et la croix est impressionnante, on peut avoir envie de fuir devant la souffrance ou le renoncement qu’elle implique. Il faut alors au croyant toute la grâce de Dieu pour ne pas fuir, pour ne pas se perdre loin de Dieu.

Le monde avec ses plaisirs tout humains, ses pensées variables suivant les modes, son besoin de consommation, de possession, peut attirer loin de Dieu. C’est un risque réel. Jésus aurait pu prier pour que cela soit épargné au croyant, mais non, il prie pour que le croyant restant dans le monde soit fortifié par la grâce de Dieu.

C’est important, car être chrétien ne se vit pas dans une certaine société politique, intellectuelle ou autre, bref « idéale ». Le chrétien doit vivre sa foi au milieu du monde, dans le pays qui est le sien, dans la famille qui est la sienne. Etre chrétien n’est pas adhérer à une politique ou à une idéologie, être chrétien c’est vivre avec Dieu là où l’on est.

Et alors il est bon de s’interroger : quel chrétien suis-je véritablement dans le monde qui est le mien ? Quelle est ma relation à Dieu, comment est-ce que je reçois la grâce de Dieu, puisque le Christ lui-même a prié pour que nous vivions de cette grâce

Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.

Cette prière de Jésus a-telle une importance pour nous ?

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