Vendredi de la 5ème semaine de Pâques

Dans toute la paroisse et plus encore...

Christian Genre, diacre ofs.

Saints du jour : Victorin, Rupert, Turibia, Césarie, Primaël, Denise, jeune chrétienne d’Asie mineure exécutée en 251 à l’âge de 16 ans pour avoir refusé de sacrifier à la déesse Vénus,  et Isidore le laboureur, un saint espagnol mort en 1130 qui consacrait le dimanche à la prière malgré la pression de son maître jusqu’u jour où ce dernier découvrit que les bœufs travaillaient seuls lorsqu’Isidore priait.

Le concile de Jérusalem

La fête de saint Matthias nous a privé d’un passage très important des Actes des Apôtres, les débats au cours de ce que l’on nomme parfois le « Concile de Jérusalem »

« En ces jours-là, comme la conversion des païens provoquait, dans l’Église de Jérusalem, une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ; sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. »
Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations. Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi. Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit : Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ; alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours. Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu, mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »

La réunion des apôtres et des anciens doit en fait répondre à une question de fond : la seule foi en Jésus est-elle suffisante pour recevoir le salut ou faut-il passer par le judaïsme pour que l’action de Jésus, le Messie, puisse pleinement jouer. En un mot, la filiation juive, manifestée par la circoncision est-elle secondaire et permet ainsi d’accueillir directement des non-juifs. A cette question fondamentale, les pharisiens, à leur habitude, ajoutent la question du respect scrupuleux de toutes les règles accumulées depuis des siècles.

Pierre répond clairement à la première et fondamentale interrogation, comme il l’avait déjà fait suite à la controverse sur le baptême du centurion Corneille. La validation par l’effusion de l’Esprit Saint est incontestable. Le Christ est la porte, l’unique porte, pour le salut, pour les juifs et pour les non-juifs.

Jacques prend alors la parole. Il s’agit d’un des Anciens et non du fils de Zébédée et frère de Jean. Jacques dit le Juste, appelé aussi « Frère du Seigneur » a joué un rôle de premier plan dans la primitive Eglise de Jérusalem. Dans de nombreuses sources, dont les écrits de saint Paul, il est présenté comme le chef de cette église voire son premier évêque. Ces sources attestent de son martyre en 61/62 dans une période de troubles liée l’absence temporaire de gouverneur en Palestine. Le fait que le grand prêtre, récemment installé, ait été limogé à la demande du nouveau gouverneur tend à montrer à la fois l’importance du personnage et aussi les tensions traversant le judaïsme et la Palestine, une partie des chrétiens étant probablement liée à des mouvements radicaux, tensions qui aboutiront à la grande révolte écrasée dans le sang par Titus en 70.

Lui s’attaque à la question posée par les pharisiens et propose une solution conservant quelques règles de base qui peuvent être acceptées par tous.

Il s’agit maintenant de faire connaître la décision du « concile » et sa réception dans les communautés, et à Antioche en particulier. En ces temps, le seul moyen est la lettre portée par une personne mandatée et crédible. Donc le premier travail est de nommer des porteurs reconnus de tous : Paul et Barnabé, cela allait de soi, mais ce n’était pas suffisant car on aurait pu les suspecter de déformer le message. On désigne donc Jude et Silas, un personnage déjà rencontré lors du premier voyage de Paul à Antioche avec Barnabé et qui va accompagner Paul dans plusieurs de ses futures missions dont celle en Macédoine.

Le message qu’ils portent est clair : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! »

En dehors de la formule « L’Esprit Saint et nous-même » qui a pu justifier ensuite nombre de décisions contestables dans l’histoire de l’Eglise, on notera le caractère clair du message : ne sont retenues que des prescriptions alimentaires, alimentation casher, a fortiori les viandes offertes aux idoles païennes qui étaient distribuées ensuite à la population et la fornication hors mariage. Exit la circoncision. On voit bien qu’il s’agit d’une position conciliatrice, du « en même temps ». On n’a pas besoin de devenir juif pour être sauvé, pas de circoncision, mais il est bon de respecter certaines règles du judaïsme.

On verra par la suite que Paul sera obligé de faire circoncire Timothée qui ne l’était pas (bien que de mère juive) et que les tensions demeureront puisque plus tard Paul se fera reprocher par Jacques de ne pas respecter les règles fixées à Jérusalem.

La réception des actes du concile fut à l’évidence facile à Antioche, ce ne fut pas toujours le cas dans l’histoire de l’Eglise.

Quant à l’Evangile, non vous ne rêvez pas ! Non votre Prions en Eglise ou Magnificat ne bafouillent pas ! vous retrouvez, à une nuance près, le même évangile que la veille. Comme je l’écrivais hier, on ne se lasse jamais de le lire, de l’entendre (les vagues de la rédaction johannique nous bercent).

Prière : Seigneur aide-moi à aimer comme Tu m’aimes.

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