Lundi de la 5ème semaine de Pâques

Dans toute la paroisse et plus encore...

Christian Genre, diacre ofs.

Saints du jour : Maïeul, Mayeul, Estelle, Ethelle, Ethel, ,Gengoux, Ignace de Laconi, Mamert.

Sainte Estelle,  Vierge, est chère au coeur des fidèles de Saintes et du diocèse de La Rochelle et Saintes.

Estelle ou Stella (étoile) honorée à Saintes comme ayant subi le martyre au troisième siècle.
Elle fut surtout rendue célèbre grâce au poète Mistral. Son nom était en fait Eustelle (du grec « eu »= beau, bien et « stello »= parer, orner). La forme latinisée Estelle a été donnée par Frédéric Mistral.
Saint Eutrope bénissant Sainte EstelleGouverneur de la région de Saintes, son père était un Romain de naissance illustre; sa mère descendait d’une antique et puissante famille de druides. La curiosité de son esprit cultivé la plaça sur le chemin de saint Eutrope, premier évêque de la région. Après avoir entendu ses enseignements, elle demanda le baptême: elle fut baptisée par lui et consacrée à Dieu. Comme elle se refusait à tous les prétendants et qu’elle s’obstinait dans sa Foi, son père la fit mettre à mort dans les arènes de Saintes. Son corps fut enterré dans le tombeau même de saint Eutrope, à qui elle avait donné, peu de temps auparavant, la sépulture. Le nom de sainte Eustelle était si populaire dans la région charentaise que les évêques de La Rochelle et Saintes la choisirent pour patronne de la jeunesse chrétienne.

 

Magnificat nous propose aussi d’honorer le Bienheureux Ceferino Namuncura.

Fils d’un légendaire chef Mapuche, Ceferino (1886-1905) voulait être « salésien et prêtre pour montrer le chemin vers le ciel à ses frères Mapuche » « Benoît XVI). Né en Patagonie argentine, baptisé à 2 ans par un missionnaire de don Bosco, fut envoyé à l’âge de 11 ans par son père à l’école gouvernementale de Buenos Aires pour se former à être le défenseur de son peuple, les Mapuche. Mais le jeune Ceferino n’est intéressé que par l’école de don Bosco et il fait de Dominique Savio son modèle. Pendant 5 ans il va se former à la culture européenne et apprend même le latin. Aspirant salésien, il part enfin pour Rome pour étudier et trouver un climat plus favorable. Deux ans après son arrivée il meurt de la tuberculose. Il a été béatifié le 11 novembre 2007, premier autochtone d’Amérique du Sud à être reconnu bienheureux.

Pourquoi te chercher au tombeau

Pourquoi te chercher au tombeau
Et te pleurer comme un absent ?
La tombe est le berceau
Où naquit le Vivant.

Pourquoi repriser sur du vieux
Quand ta lumière nous revêt ?
Ton corps victorieux
Ressuscite à jamais.

Pourquoi s’attrister en chemin
Jeter la cendre sur les fleurs ?
La mort n’achève rien
Quand c’est elle qui meurt.

Pourquoi s’attarder au passé ?
Hier n’est plus ! C’est aujourd’hui !
Voici l’éternité
Qui prend corps dans nos vies.

CFC (f. Gilles)
Lit 66 1988

La liturgie nous permet de retrouver nos deux intrépides missionnaires. Arrivés à Iconium, ils suivent le même programme et se rendent à la synagogue et leur discours porte : nombre de juifs et de non-juifs deviennent croyants. Les juifs opposés à leur apostolat montent contre eux les non-juifs. Malgré les tensions, Paul et Barnabé demeurent longuement à Iconium (peut-être une ou deux années ?) et ils accomplissent des « miracles et des prodiges » qui vont bien sûr soutenir leur enseignement. La ville est divisée entre les tenants de la tradition et ceux qui suivent les deux apôtres (le mot est bien là).

Nous en arrivons ainsi au passage proposé aujourd’hui. Pour éviter le lynchage, ils doivent partir pour la Lycaonie, et en particulier les cités de Lystres et Derbé.

Guérison à Lystre ,Karel Dujardin 1663, Rijksmuseum

Je laisse la parole à Joseph STRICHER. Article paru dans Le Monde la Bible n° 144  »La Méditerranée des croisades » (Bayard-Presse, sept-oct. 2001), p. 72 pour commenter ce passage plein d’intérêt.

Attention, néanmoins, l’article couvre aussi le début du texte proposé demain mardi.

Dans le livre des Actes des Apôtres, l’épisode de Lystres est une étape importante du premier voyage de Paul. Depuis leur départ d’Antioche en Syrie, Paul et Barnabé, d’origine juive, n’ont visité que des villes où se trouvent des coreligionnaires. Mais à Lystre (localité aujourd’hui disparue, elle se trouvait près de Hatunsaray en Turquie), il n’y a pas de communauté juive, la population est uniquement païenne.

Du Temple de Dieu au temple de Zeus
Paul guérit un infirme de naissance. Suit une scène haute en couleurs qui a pour décor le temple de Zeus-hors-les-murs. Pour en goûter le sel, il convient de se souvenir du premier miracle raconté dans les Actes des Apôtres. Après l’Ascension et de la Pentecôte, qui sont comme un lever de rideau, Luc commence son grand récit de la course de la Parole de Dieu, de Jérusalem à Rome, par un récit de guérison : au nom de Jésus, le Nazôréen, Pierre et Jean permettent à un infirme de naissance de gambader dans le Temple en louant Dieu. À la foule ébahie, Pierre explique le miracle en invoquant  » le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères  » qui a relevé Jésus d’entre les morts. Ce même Jésus, dit-il, a relevé maintenant cet homme. Le discours, qui a un certain succès dans le peuple, est interrompu par les responsables du Temple qui font arrêter les apôtres.

Utilisant sa technique habituelle de la  »syncrisis » (construction en parallèle), Luc reprend les mêmes éléments pour raconter le miracle de Lystre. Là aussi, un homme est paralysé de naissance. Comme à Jérusalem, le thaumaturge fixe intensément du regard l’infirme avant de le guérir mais ne s’attribue pas le mérite de la guérison. Dans les deux cas, nous retrouvons le même lien étroit entre le miracle et la foi et le même décor : un temple. Et pour finir il y a une similitude dans les mauvais traitements réservés aux guérisseurs. À Jérusalem, Pierre et Jean sont arrêtés et menacés par le Grand Conseil. Relâchés, ils rejoignent la communauté en prière. À Lystre, Paul est lapidé mais se relève dès que la communauté se regroupe autour de lui.

Quiproquo et coup de théâtre
Sur ce fond commun, le lecteur remarque les différences entre les deux miracles accomplis en milieu juif et en milieu païen. Il y a tout d’abord la réaction de la population de Lystre : elle prend Paul et Barnabé pour des dieux. Les apôtres, qui ne comprennent pas l’idiome des habitants, ne réagissent pas tout de suite. Mais quand les prêtres du temple de Zeus amènent taureaux et couronnes aux portes de la ville, ils ont les réflexes de bons juifs pratiquants en déchirant leurs vêtements devant ce qu’ils prennent pour un blasphème. Les gens de la ville, eux, ne pensent pas à mal. Sans doute ne veulent-ils pas refaire l’erreur de leurs ancêtres qui, selon une vieille légende, avaient autrefois mal accueilli Zeus et Hermès, venus visiter la région. (Cf. Philémon et Baucis de La Fontaine, qui reprend un conte des Métamorphoses d’Ovide VIII, 601-710). Ils préparent donc un sacrifice en l’honneur de Zeus-Barnabé et de Paul-Hermès.

Luc place alors dans la bouche des apôtres un discours qui annonce celui que Paul tiendra plus tard à Athènes. Il tranche avec celui de Pierre dans le Temple de Jérusalem : plus question du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,  »le Dieu de nos pères ». Ce langage, qui fait référence à une histoire sainte, au thème de l’élection et au Dieu de l’Alliance ne pourrait être compris par des païens. Les apôtres invoquent  »le Dieu qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve ». C’est un Dieu qui donne la vie, un Dieu bienfaiteur. Il n’est pas  »sans-témoignage » ( »amartyros », mot unique dans le N.T.) et il manifeste sa bienveillance à toutes les nations. Les apôtres invitent leurs auditeurs à se détourner des  »néants » (comprendre les divinités de la mythologie) pour se tourner vers le  »Dieu vivant ». Ce langage n’est pas une nouveauté. Il reprend les critiques du psalmiste ou du livre de la Sagesse contre les idoles mais il ne propose pas l’observation de la Torah comme chemin vers Dieu. Le discours ne suscite pas l’enthousiasme des habitants de Lystre, mais il déclenche une réaction furieuse… chez les Juifs ! Ceux-ci accourent d’Antioche et d’Iconium et infligent à Paul la punition prévue en cas d’apostasie, la lapidation. Paul et Barnabé poursuivront néanmoins leur chemin.

Ce récit enlevé et dramatique illustre à merveille les chances et les risques de l’ouverture de la communauté judéo-chrétienne aux païens.

Dans le passage de l’Evangile selon saint Jean qui nous est proposé en ce lundi, sur la question posée par Jude -non pas Judas l’Iscariote- Jésus annonce la venue du Défenseur, le paraclet en grec. Il sera envoyé par le Père à la demande du Fils. « Lui vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ».

Cette promesse se réalise pleinement depuis Pentecôte comme la lecture des Actes des Apôtres nous le montre chaque jour ! Lors d’un précédent synode, nous avions rédigé « les actes de nos communautés ». En effet l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre dans l’Eglise, dans le monde, en chacun de nous.

Pour nous préparer à la fête de Pentecôte, nous pouvons le prier chaque jour, en sus de la prière mariale traditionnelle en ce mois de mai.

Je vous propose la prière de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars.

Quand on a le Saint Esprit, le cœur se dilate, se baigne dans l’Amour divin.

Sans le Saint Esprit, nous sommes comme une pierre du chemin. Prenez dans une main une éponge imbibée d’eau et dans l’autre un petit caillou ; pressez-les également ; il ne sortira rien du caillou et de l’éponge vous ferez sortir l’eau en abondance. L’éponge, c’est l’âme remplie du Saint Esprit, et le caillou, c’est le cœur froid et dur où le Saint-Esprit n’habite pas.

C’est le Saint Esprit qui forme les pensées dans le cœur des justes et qui engendre les paroles dans leur bouche. Ceux qui ont le Saint Esprit ne produisent rien de mauvais ; tous les fruits du Saint Esprit sont bons… Quand on a le Saint Esprit, le cœur se dilate, se baigne dans l’Amour divin. Il faudrait dire chaque matin : «Mon Dieu, envoyez-moi votre Esprit qui me fasse connaître ce que je suis et ce que vous êtes».

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