Samedi de la 4ème semaine de Pâques

Dans toute la paroisse et plus encore...
Christian Genre, diacre ofs. 

Saints du jour :  Caroline, Hermas, Thomas, Tudi, Isaïe, Pacôme (286-346) ce soldat romain égyptien converti au christianisme, écrivit une règle pour les monastères qu’il fonda. Il est considéré comme le père du cénobitisme chrétien. On fête aussi la Bienheureuse Karolina Gerhardinger (1797-1879) une bavaroise à la vocation précoce d’institutrice qui a fondé en 1834 avec deux amies la congrégation des Pauvres soeurs des écoles Notre Dame. A 50 ans, celle qui est devenue Maria Theresia de Jésus part aux USA avec des émigrés pour les soutenir. Elle revient lorsque la fondation qu’elle y crée sera pleinement fonctionnelle pour assurer l’éducation des jeunes filles émigrées et ainsi leur permettre une meilleure intégration. Sa congrégation enseignante est aujourd’hui présente dans 35 pays.


Un chant rassemble …

Un chant rassemble dans la nuit
Les voix dispersées :
L’Église a devancé l’aurore
Et fait monter vers le Seigneur
L’espoir du monde.

L’hymne de joie et de douleurs
Qui naît aujourd’hui,
Rejoint la mystérieuse offrande
Où Jésus-Christ veut, de sa croix,
Signer l’alliance.

C’est dans le Fils que nous pouvons,
Marqués par l’Esprit,
Donner notre parole au Père
Et c’est en lui que Dieu répond
Au cri des hommes.

Nous attendons face à l’Orient
Les signes du Jour.
Jésus doit revenir en gloire,
Et l’amour seul peut dans nos vies
Gagner sa Pâque.

 CFC (s. Marie-Pierre)
©CNPL NJ 1973
LMH LJ PTP

Le découpage liturgique nous prive de la fin du discours de Paul où il traite de la mort, de la décomposition des corps, ainsi celui du roi David, afin de montrer la différence avec Jésus qui est ressuscité. Il insiste aussi sur le fait que seul Jésus peut nous sauver du péché alors qui la loi de Moïse seule ne pouvait le faire. Il termine par une admonestation vigoureuse voire provocatrice en reprenant la parole des prophètes « Regardez, gens plein de mépris, soyez saisis d’étonnement et disparaissez ! Car je vais accomplir de votre vivant une œuvre telle que vous n’y croiriez pas si quelqu’un vous la racontait ».

Le discours de Paul a remué les assistants et à la sortie, on leur demande de revenir au sabbat suivant pour continuer leur enseignement.  De plus un certain nombre de juifs et de convertis vont trouver les deux missionnaires pendant la semaine afin de poursuivre l’échange, Paul et Barnabé les exhortant à demeurer fidèles à la grâce de Dieu. On peut y voir le souci des disciples de s’inscrire dans la tradition juive tout en proposant la nouveauté radicale qu’apporte Jésus le Ressuscité.

Et nous en arrivons au texte d’aujourd’hui.  En une semaine la présence de Paul et Barnabé a fait le « buzz », on se presse (attention néanmoins à la volonté du rédacteur de magnifier les événements) pour les écouter. Les autorités juives voient alors d’un mauvais œil ces deux trublions et c’est l’affrontement entre les tenants du respect pur et dur de la Loi et la Bonne Nouvelle transmise par Paul et Barnabé.

Nous arrivons là à un moment crucial, qui a dû se produire des dizaines de fois ou plus et sans la présence de nos deux missionnaires, le refus par une partie, probablement très majoritaire du peuple juif, de la Bonne Nouvelle et la nécessité pour les missionnaires, imposée par les circonstances et non par volonté de prosélytisme (le judaïsme était par tradition peu prosélyte), de se tourner vers les païens.

Paul est clair : vous ne voulez pas de nous, tant pis! Nous nous tournons donc vers les nations païennes et il reprend une parole biblique pour appuyer ce choix.

Evidemment, des païens, probablement ceux déjà un peu frottés au judaïsme, accueillent favorablement ce choix, du moins ceux « destinés à la vie éternelle » (prédestinés ?). Luc exagère certainement un peu l’immédiate diffusion dans la région mais à l’évidence elle est réelle et explique la réaction de la communauté juive.

On notera, et Luc le signale probablement à dessein, que ce sont les notables juifs, logique, et parmi les « Craignant-Dieu » des femmes de qualité (donc d’autres notables mais pourquoi plutôt des femmes, plus nombreuses ou bien stratification sociale…) qui vont mener la révolte contre Paul et Barnabé.

Reprenant les conseils de Jésus lorsqu’il avait envoyé les apôtres en mission, ils secouent la poussière de leurs pieds et vont rejoindre Iconium (l’actuelle Konya célèbre pour les derviches tourneurs) en Lycaonie. Comme avec Tintin, nous suivrons la semaine prochaine, la suite de leurs aventures.

Nous poursuivons la lecture de l’évangile selon saint Jean, et je ne vous cache pas que j’ai un peu de mal à entrer dans le discours de Jésus, mais comme les disciples eux-mêmes ont du mal aussi, cela me remonte le moral.

« Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit ».  Cette demande de Philippe, c’est celle de tous les croyants : rencontrer Dieu. Pour un juif qui connaît par cœur la Loi et les Prophètes c’est encore plus évident.

Et la réponse de Jésus est sans ambiguïté : « Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ». Et à défaut de croire que ses paroles sont celles du Père, ils ont les « œuvres » de Jésus devant eux (et des signes il y en a beaucoup pour fonder leur foi). Jésus va même plus loin en disant aux disciples qu’ils feront en son nom, eux aussi des œuvres « comme » lui Jésus les ferait (et nous le voyons dans les Actes des Apôtres). Être mieux encore, ils pourront en faire de plus grandes quand Jésus sera parti rejoindre le Père, il sera notre voix auprès du Père et pour cela il nous enverra l’Esprit Saint.

Prière : Seigneur, aide-moi à mettre en œuvre l’Esprit Saint que j’ai reçu au baptême et à la confirmation au service de mes frères et sœurs en humanité, au service de mes frères et sœurs en Eglise.