Renouvellement des équipes d’animation des communautés locales

Livret d'accompagnement pour la paroisse Saint-Jacques en Gâtine

Dans quelques mois (septembre 2019), nous renouvellerons les membres de chacune des équipes d’animation des 26 communautés locales qui constituent la paroisse Saint Jacques en Gâtine. Chaque équipe est formée de 5 personnes chargées d’animer la communauté au niveau de la prière, de l’annonce de la foi et de la charité.

Dans quel contexte les communautés locales ont-elles vu le jour ?

Il y a 24 ans, Mgr Rouet, arrivant tout juste dans le diocèse, a lancé l’expérience des communautés locales. Pour cela, il s’est appuyé sur le synode diocésain qui venait d’avoir lieu à la Pentecôte 1993. Mgr Rozier, son prédécesseur, avait mis en place, en 1986, 74 secteurs pastoraux qui unissaient chacun plusieurs paroisses pour un meilleur travail de collaboration entre elles et entre les prêtres devenus moins nombreux. Ceci, dans le but de mieux répondre aux besoins pastoraux de l’époque et pour mettre en œuvre les appels du concile Vatican II qui souhaitait que les baptisés (les laïcs) prennent toute leur place dans la vie de l’Eglise et du monde. Le synode qui validait cette réforme précisait au chapitre VIII de son cahier d’orientation intitulé « Routes d’Évangile » : « Si, après réflexion cela s’avère nécessaire, les secteurs pourront être érigés officiellement – et canoniquement – en paroisse en veillant à maintenir des communautés vivantes….Chaque communauté locale pourra garder une part de vie propre et être soutenue par une « équipe locale d’animation ». Ce sont ces communautés locales, au sein de chaque secteur pastoral,  que Mgr Rouet a mis en place lorsqu’il a pris la succession de Mgr Rozier. Un nouveau synode diocésain en 2003, « Serviteurs d’Évangile », validait cette décision. Puis Mgr Wintzer, en succédant à Mgr Rouet, en 2013, confirmait et plaçait les communautés locales dans le cadre des paroisses nouvelles érigées dans la suite des synodes de 1993 et de 2003. Il précisait que celles-ci   devaient être des « communions de communautés ».

Pour quelle mission, ces communautés locales ont-elles été mises en place ?

Celle de prendre en charge la vie de l’Eglise localement mais dans un sens missionnaire. Les équipes d’animation des communautés locales sont d’abord des équipes missionnaires. Au travers des trois services qui constituent l’équipe locale, la prière, l’annonce de la foi et la charité, c’est le témoignage de l’Evangile qui est jeu. « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile » écrit Saint Paul dans une de ses lettres. Et l’Evangile, c’est dans la proximité, qu’on peut en témoigner, là où nous partageons la vie des gens. La prière reprend en elle ce qui fait la vie des gens ;  la foi se manifeste dans notre manière de vivre personnellement et en communauté; la charité (la solidarité) dit l’amour de Dieu pour tous. Il nous faut aller, comme nous y appelle le pape François, aux « périphéries existentielles ». Cela ne peut se vivre qu’en étant proche des gens. C’est l’intuition première des communautés locales.

Depuis leur création, dans quel sens les communautés locales ont-elles  évolué ?

D’abord, il faut dire que tout le diocèse, à part 2 ou 3 exceptions, s’est organisé en communautés locales. Ce qui permet aux paroisses nouvelles qui sont étendues géographiquement, d’être « présence d’Église » au plus près des gens. Contrairement à certains services publics qui ont disparu, l’Eglise reste au plus près et manifeste ainsi à tous l’amour de Dieu dans les moments joyeux ou douloureux de leur existence. La rencontre des autres fait grandir, on n’en sort jamais indemne.  L’expérience des communautés locales permet aussi d’appeler de nouvelles personnes au service de l’Evangile, des personnes qui ne feraient pas le pas si quelqu’un, tout près de chez elles, ne les interpellait pas. Elle fait redécouvrir également à de nombreux chrétiens la vie communautaire, elle les aide à approfondir leur foi et leur vie spirituelle.  Bien-sûr, une équipe d’animation locale peut aussi se transformer en « club », se fermer sur elle-même,  se noyer dans les choses à faire et perdre l’esprit de la mission. Cela arrive mais ce n’est pas le cas de la grande majorité !

(P. Gérard Mouchard, article « Chemin Faisant », décembre 2018)

     Le Conseil pastoral paroissial, lors de ses séances de mai, octobre      et novembre 2018, a porté une réflexion sur les trois      services qui constituent une équipe locale d’animation. Celle-ci   est proposée à tous pour aider à une relecture de ce qui a été      vécu depuis trois ans.

Quelques attitudes ou propositions pour vivre ce service :

Pratiquer la charité, la rendre visible, s’en émerveiller. Elle fait partie de notre vie.

Écouter

sans jugement ni parti-pris de la personne dans sa globalité : souvent on ne connaît pas les gens !

Être humblement au service sans attendre de retour, se mettre à la hauteur de l’autre.

Accueillir ce qu’ils ont à nous dire, se laisser évangéliser par eux

Aller vers

les malades, handicapés, personnes isolées, personnes dans le besoin,

personnes ne maîtrisant pas internet, démarches administratives,

personnes ayant besoin d’être transportées, de courses,

ados en besoin d’une écoute bienveillante…

Faire ensemble

secours catholique, banque alimentaire, permanences d’église,

aumônerie d’hôpital ou de maisons de retraite, accueil des migrants, soutien scolaire…

Cultiver la bonne entente de nos équipes, l’attention mutuelle

se poser la question : « Est-ce que je suis assez proche ? »

Être efficaces

Accepter de suivre des formations, les proposer.

Rester en lien

L’objectif c’est la rencontre ! Accompagner,

Lutter contre l’isolement, mettre en relation,

Faire ensemble, s’émerveiller ensemble.

Apporter Dieu

C’est l’Esprit qui nous accompagne et nous porte.

Repérer les chrétiens qui s’isolent.

Ouvrir à la vie spirituelle ceux qui en ont soif, apporter la communion.

Savoir dire, devant notre impuissance, « Je vais prier pour toi »…

La charité n’est pas le monopole de l’Eglise !

Le service de l’annonce de la foi

Quelques attitudes ou propositions pour vivre ce service :

Écouter l’Esprit qui travaille

Être habité par la Parole de Dieu

Savoir admirer la foi là où elle est plus forte qu’on pensait.

C’est Jésus qui a l’initiative !

 

Vivre la fraternité dans la vie communautaire et la prière

Travailler en équipe.

Prendre le temps de se poser, de réfléchir ensemble

Notre foi grandit dans la relation à l’autre.

Avoir une très grande disponibilité

Ne pas vouloir toujours emmener les gens là où on voudrait mais voir avant tout de quoi ils ont besoin

Se mettre à la place de l’autre

Témoigner et transmettre

Attention aux contre-témoignages.

S’engager dans la paroisse, les communautés et les mouvements

La 1ère annonce de la foi, c’est d’en vivre.

Encourager l’éveil à la foi.  Repenser les messes des familles

Utiliser les formations proposées, vivre le Synode

Proposer un accompagnement après un sacrement

Donner la parole à l’autre. Oser appeler.

Être audacieux, veiller à l’accueil.

Quelques attitudes ou propositions pour vivre ce service :

La prière communautaire est un signe visible de la foi   :

Assemblée de prière, messe du dimanche, grandes fêtes de l’année, les divers temps liturgiques…Baptêmes, communions, mariages, sépulture :

Les liturgies structurent le temps de nos vies

Faire des propositions dans la durée, répétitives.

Des manières variées de prier nourrissent la vie de la communauté : chapelets, chemins de croix, adoration, animations liturgiques, tables d’évangile…

Il ne faut pas se laisser enfermer dans une seule manière de prier

La prière fait partie de la préparation des cérémonies dominicales

– Savoir appeler pour des services spécifiques concernant la prière (y compris les plus terre à terre).

La prière commune est ce qui fédère nos engagements souvent disparates :

Il est nécessaire de communiquer sur ce qui donne chair à notre foi, sur nos lectures.

La lecture en commun de la Bible est un élément structurant de la prière

« Un drame dans la vie locale a pu susciter un élan de solidarité et de prière, çà a soudé notre communauté. »

– Savoir se porter les uns les autres et  savoir se laisser porter.

La prière, c’est à tout moment et partout.

Elle peut s’appuyer sur les « lectures du jour » de la liturgie

– Elle nécessite des formations (silence, esthétique, compréhension, animation…)

– La prière personnelle a besoin de temps forts pour se régénérer (et proposer)

– Nous devons être attentifs aux quêtes spirituelles de nos contemporains (Visée 4 du Synode).

La prière est l’engagement de tout notre être. Elle est de l’ordre de l’efficacité !

Il est difficile de se rassembler pour prier : on est trop dans le « faire »

Prier est un besoin de la vie chrétienne.

Comment la Prière irrigue-t-elle aussi bien l’Annonce de la Foi que l’exercice de la Charité ?

Comment, inversement, le pôle prière se laisse-t-il interroger par le pôle annonce de la foi et par le pôle charité ?

Les personnes appelées à animer ces trois services forment l’équipe d’animation de la communauté locale avec deux autres personnes :

*la personne chargée de la vie matérielle : elle veille (avec une    équipe si c’est possible) à la propreté de l’église : une église accueillante est un premier signe du Christ. Elle veille aussi à l’usage des salles etc. Elle a le souci des quêtes, du denier de l’Église (elle ou une autre personne) en lien avec les autres personnes chargées de la vie matérielle des autres communautés de la paroisse, elle est membre du conseil paroissial des affaires économique.

*la personne déléguée pastorale (elle peut avoir une ou deux personnes adjointes): celle-ci, en lien avec les prêtres, est chargée de veiller aux liens entre les personnes, à la communion qui est à vivre dans l’équipe d’animation, dans la communauté locale et dans le lien avec les autres communautés locales de la paroisse. Elle est membre du conseil pastoral paroissial.

La communauté locale est donc animée par une équipe de cinq personnes (ou plus) dont la mission principale est d’aider les membres de la communauté à vivre leur vocation dans la prière, la charité et le témoignage de la foi.

La communauté locale est appelée à entrer en communion avec les autres communautés locales de la paroisse. Cette communion se manifeste à travers la vie de la paroisse, en particulier dans le Conseil Pastoral Paroissial et sous la   responsabilité de l’équipe pastorale (Les Prêtres, diacres, ministres reconnus, avec éventuellement d’autres laïcs,          forment ensemble l’Équipe Pastorale qui exerce sa responsabilité au  service de l’ensemble de la paroisse).

Comment se prépare le renouvellement des équipes

Relecture de la mission des équipes d’animation à la Peyratte

L’année 2019 sera marquée par le renouvellement de la plupart des responsables des équipes d’animation des communautés locales de la paroisse Saint-Jacques-en-Gâtine. Un temps de relecture du chemin parcouru était donc organisé ce samedi 19 janvier, de 9h30 à 16h30, salle des fêtes de La Peyratte. A cet effet, le Père Gérard Mouchard, curé de la paroisse, l’équipe pastorale et l’équipe accompagnement-formation avaient invité Michelle Berthomé, responsable du Service diocésain de la vie spirituelle, et Philippe Devaux, diacre, coordinateur du pôle « Formation et annonce de l’Évangile » et chargé de mission pour élaborer le projet diocésain de formation. Une cinquantaine de personnes représentant les 26 communautés locales avaient répondu à l’invitation.
C’est Martine Pineau qui a ouvert la rencontre en conviant tout d’abord les membres de chacune des 5 Fraternités, puis ceux des différents pôles des équipes d’animation à se lever.

Puis Geneviève Lucet et Anne-Marie Parthenay ont présenté, d’une part les objectifs de la rencontre et, d’autre part le planning de la journée.

« Jubilez ! Criez de joie ! ». C’est par ce chant qu’a débuté le temps de prière animé par Martine et accompagné à la guitare par le Père Frédéric Dacquet. Le texte de l’Évangile (Jn 21, 1-14) – dit de la pêche miraculeuse – a été lu par Philippe et commenté par Michelle

Relecture de la mission de l’équipe locale

Au temps de prière a succédé un temps de relecture personnelle, puis partagée par tablée, autour des questions suivantes :
– Comment avons-nous répondu à l’appel de Jésus à lancer le filet ? Quelle pêche a été réalisée ?
– Comment notre équipe locale d’animation est-elle à l’écoute de la vie de la communauté, des générations nouvelles et, plus largement, quelles relations avons-nous tissées avec les structures actives sur notre territoire de mission (municipalités, écoles, associations, etc.) ?
– Quelles rencontres ont été sources de joie et d’espérance ?
– Quelle place avons-nous donnée à la Parole de Dieu, à la prière dans la vie de l’équipe ?

Accueillir la Nouveauté

Ce temps a été introduit par une projection de diapositives : paysages, églises, célébration de baptême … entrecoupée de quelques versets :
– « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5)
– Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne le voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides » (Is 43, 18-19).

Nous pouvons retenir quelques idées forces développées par Philippe :

– Accueillir la nouveauté nous appelle à une conversion car elle met à mal nos convictions. Il est donc nécessaire de prendre la mesure de nos repères, de mieux les connaître, et de connaître nos limites dans notre travail en communauté.
– Elle nous déstabilise. Il faut donc accepter de nous remettre en question ce qui peut faire naître une certaine insécurité.
– Il faut prendre le temps de nous laisser interroger et de quitter nos postures réflexes ; prendre la mesure de ce que nous projetons de nous-mêmes sur les autres, autant d’écrans entre nous et la réalité ; prendre le temps de nous mettre à l’école du monde, des autres, tels qu’ils sont.
Elle nécessite de vouloir et savoir nous rendre attentif à ce qui se vit tout autour de nous : évènements, personnes, mouvements de fond ou de surface ; de cultiver une attitude de vigilance pour nous rendre perméables aux signes de notre monde.
Tout cela nécessite de nous mettre à l’école de la Parole de Dieu. Et se rappeler que la nouveauté radicale que Jésus a apportée a souvent été reconnue par des étrangers (Le centurion, Zachée, la Samaritaine).

Et les interrogations de Michelle :

– Il faut regarder avec les yeux de la foi. Est-ce que je reste à l’apparence ? A des « à priori » positifs ? Ou est-ce que je ne vois que les défauts ?
– Quand je prends le temps, qu’est-ce que je vois ? Que s’est-il passé, sans rester dans le superficiel ? Est-ce que je vois ce qui fait sens ?
Et de conclure avec le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Après le repas tiré des paniers, c’est par un chant gestué : « Le semeur est sorti pour semer » que s’est faite la reprise.

L’appel : comment en renouveler les pratiques ?

Les participants sont invités à se reporter au livret III (p. 9 et 10) des Actes du synode 2017-2018 : « Former une Église de la rencontre et du partage », visée 7 : « Appeler chacun selon son charisme », orientations 19 et 20. L’Église est toujours à former, à se re-former, à se réformer. Il en est de notre devoir de baptisé (§ 316 p. 5).
Individuellement, muni d’un feutre, chacun doit surligner ce qui lui paraît le plus important dans le § 314, p. 4 puis le § 322 p. 6.

Les intervenants font alors remarquer que l’appel était déjà bien présent dans les actes synodaux des 2 synodes précédents :
– Route d’Évangile (1993), § 74 : « Une dynamique de l’appel : l’éveil des vocations » ;
– Serviteurs d’Évangile (2003), § 335 : « Une culture de l’appel ».

L’appel : Quatre questions à trois témoins

Florence, appelée pour accompagner au baptême, puis pour la catéchèse ;
Alexandrine, appelée pour un ministère reconnu de catéchète pour la paroisse ;
Louis-Marie appelé pour préparer et célébrer les sépultures.

1 – Votre mission a-t-elle été facile à accepter ?

Florence : j’ai eu une vie en famille engagée. Après une période comme humanitaire au Togo, j’ai accompagné la préparation au baptême. J’ai accepté car j’ai besoin d’être engagée pour ne pas m’éloigner.
Alexandrine : c’est une continuité car j’ai fais le caté. à mes enfants. Ma foi est toujours là après quelques éloignements. L’appel m’a rendue heureuse.
Louis-Marie : elle a été assez facile car j’avais déjà une certaine antériorité à m’investir. J’avais eu des formations dans le cadre professionnel.

2 – Avez-vous parfois douté ?

Florence : j’ai parfois eu des peurs et des doutes car je craignais de ne pas être à la hauteur. En Vendée, d’où je suis originaire, j’étais engagée auprès de personnes connues. En arrivant en Deux-Sèvres, je me retrouvais dans une population que je ne connaissais pas.
Alexandrine : ma question : ai-je assez de connaissances à transmettre alors que mon naturel est plutôt à écouter. Est-ce que mon engagement est compatible avec mon métier, ma vie familiale ?
Louis-Marie : j’ai été habitué à « marcher devant » dans ma vie professionnelle.

3 – Avez-vous été épaulé, soutenu ?

Florence : très vite, j’ai été soutenue car nous étions plusieurs à nous engager. Au début, c’était rassurant car certaines personnes avaient l’expérience.
Alexandrine : j’ai toujours été soutenue par Martine Pineau qui m’accueille toujours avec le sourire. Et puis il y a la toute bienveillance de Michelle Berthomé.
Louis-Marie : j’étais assez confiant car mon épouse m’appuie toujours dans mes engagements. Et puis les retours, après l’accompagnement d’une famille en deuil, sont toujours encourageants.

4 – Comment avez-vous découvert quelque chose de vous-même ?

Florence : le talent confirmé d’écoute et de disponibilité. Parfois la difficulté à gérer les groupes de caté. Une révélation : l’humilité, notamment lors des préparations au baptême, moments forts de rencontre avec les familles.
Alexandrine : ma force de tout concilier et de prendre du plaisir. Au départ, j’ai éprouvé quelques difficultés à animer une messe avec les jeunes. Mais c’est devenu un plaisir quand je vois le sourire des enfants.
Alors, des regrets ? Et de répondre en chœur : aucun.

Mise en place des orientations du synode dans la paroisse

Martine Pineau a rejoint l’équipe diocésaine pour la réception du synode. Elle a reçu une nouvelle lettre de mission signée de l’Évêque de Poitiers, Mgr Pascal Wintzer, pour la « mise en place des orientations du synode » sur la paroisse Saint-Jacques-en-Gâtine.

L’an passé, dit-elle, j’ai accompagné un groupe de jeunes confirmands qui ont participé aux réunions synodales. L’équipe s’est beaucoup investie dans la préparation et l’animation de la fête paroissiale le 23 septembre 2018. Ces rencontres engendrent un fort dynamisme et permettent de vivre des temps en familles, mais aussi intergénérationnels. Avoir la parole pour construire l’Église de demain : quel beau projet !

Disciple missionnaire : que signifie cette expression ?

L’éclairage en a été donné par Philippe. Être disciple, c’est aller à la suite de Jésus. Être missionnaire, c’est faire connaître le Christ. C’est le message adressé à chaque chrétien par le Pape François dans son exhortation apostolique « Evangelii Gaudium » – La joie de l’Évangile. Elle nous renvoie à l’Évangile de saint Matthieu :
– « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit … Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Mt 22, 37-39).
– « Allez, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19-20).

Des dates à retenir

– Vendredi 15 et samedi 16 février : session diocésaine de théologie « Recevoir le synode diocésain : enjeux théologiques, spirituels, pastoraux » par Mgr Pascal Wintzer et le Père Christoph Theobald. Lycée Saint-Jacques-de-Compostelle à Poitiers.

– Lundi 11 mars, toute la journée : formation des équipes deuil-espérance avec l’intervention d’une psychologue clinicienne. Salle polyvalente de Pompaire.

– Vendredi 22 mars, à 20h30 en l’église de Viennay : veillée d’Évangile ayant pour thème le lien Charité/Évangile. Elle aura pour support une projection de photos des vitraux de la chapelle Notre-Dame de l’Agenouillée.

– Vendredi 13 septembre, à 20h30, en l’église de Viennay : soirée de prière de d’action de grâce.

– Le renouvellement des équipes d’animation de l’ensemble de la paroisse aura lieu lors de la fête paroissiale 2019. L’organisation de la journée sera prise en charge par la fraternité de Mazières-en-Gâtine. Un livret (8 pages au format A5) a été remis à chacun pour nourrir sa réflexion. Il faudra que les nouvelles équipes d’animation soient constituées d’ici fin juin.

Texte et photos : Michel Bonnessée

Méditation de l’évangile (Jean 21, 1-14)

Ce récit se situe dans à la fin de l’évangile de Jean au chapitre 21. Nous sommes après la résurrection du Christ. Le chapitre 20, précédemment relate plusieurs récits d’apparitions du Christ ressuscité. Sous forme d’épilogue, ce dernier chapitre apporte un récit d’apparition en Galilée conjuguant pêche miraculeuse et repas au bord du lac avec Jésus ressuscité.

Commençons par nous représenter la scène : le bord du lac, les disciples, leur matériel, le moment de la journée… Invitons-nous avec eux au bord du lac, de la mer de Tibériade.

  1. 1 à 3 – Nous voyons ces hommes au bord du lac.

Cinq sont nommés, identifiés, chacun avec leur personnalité, chacun avec leur histoire avec Jésus. Prenons quelques instants pour en faire mémoire. Deux restent anonymes comme pour nous dire à chacun qu’il y a de la place pour moi et mon histoire dans cette aventure avec Jésus.

Ces hommes ont repris leurs activités, comme si rien ne s’était passé. Jésus paraît absent et pourtant si c’était lui qui continuait de les tenir ensemble… « Cette nuit-là, ils ne prirent rien. » Et pourtant, c’était leur métier, ils devraient gérer…

Et c’est au cœur de leur activité la plus ordinaire que Jésus vient les rejoindre. Nous aussi, il nous rejoint dans notre histoire.

 4 à 8 – Et maintenant, nous voyons Jésus : « Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage. »

Jésus ressuscité, vivant le même et pourtant autre puisqu’ilsnt ne le reconnaisse pas d’emblée. C’est le lever du jour, on voit et on ne voit pas… comme dans l’obscure clarté de la foi… On sait et on ne sait pas. Jésus va les aider à franchir, à leur tour, ce passage par la foi. Foi à sa Parole et à la communion à son pain. Moi aussi, aujourd’hui, je suis invité à reconnaître le Ressuscité transfigurer ma vie ordinaire.

Puis, nous écoutons ce premier dialogue de Jésus avec eux :  » Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? – Non. « 

Jésus demande ce qu’il veut donner en surabondance. Leur pauvreté réelle et avouée prépare les disciples à recevoir TOUT du Christ, une fécondité inouïe.

«  Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »  Et moi, vais-je faire confiance ?

« C’est le Seigneur. » Le signe est là, tout simple. Mais c’est une relation d’amour qui permet de le lire.

Que font les disciples : les uns restent dans la barque, Pierre se jette à l’eau. Rien ne compte plus que de rejoindre le Seigneur sur la terre qui est devenue celle du Vivant.

  1. 9 à 14 – Je regarde le filet entre les mains des disciples. A nous aussi le filet est remis entre nos mains, nous qui sommes à la fois « pêcheurs d’hommes » et repêchés par la miséricorde de Dieu.

Je vois « ce feu de braise avec du poisson posé dessus et du pain. » Je goûte cet amour, cette sollicitude de Jésus qui prend soin de ses disciples… pour moi, pour nous, aujourd’hui…

Ce feu est aussi intérieur quand je perçois la présence du Christ dans ma vie, quand nous le reconnaissons au milieu de nous, à nos côtés… comme les pèlerins d’Emmaüs.

Et nous entendons aussi Jésus nous dire :  » Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » et « Venez manger. » Les disciples n’ont rien pu faire sans le Christ et pourtant rien ne s’est fait sans eux. Comme lors de la multiplication des pains, Jésus nous redit : « donnez-leur vous-mêmes à manger » et en même temps, nous savons, nous croyons, nous faisons l’expérience que c’est Lui notre nourriture et qu’il reste présent avec nous au cœur de la mission.

Contemplons le mystère de la présence réelle du Ressuscité à son Eglise. Rendons-lui grâce pour sa fidélité qui stimule et fortifie notre foi, notre espérance et notre capacité à vivre la charité.

Michelle Berthomé

19 janvier 2018 – Paroisse St Jacques en Gâtine

Journée paroissiale de relecture des équipes d’animation 

Accueillir la nouveauté – Regarder au-delà de ce qu’on voit – Voir avec les yeux de la foi 

Regarder au-delà de ce qu’on voit – Voir avec les yeux de la foi

Quand je regarde quelqu’un, qu’est-ce que je vois ? Son apparence, son statut social, sa réputation, son QI, sa réputation… j’ai un a priori positif ou au contraire je ne vois que ses défauts… Ou bien, j’ai le souhait de faire sa connaissance, de l’écouter, de l’apprécier, de me laisser surprendre, de rechercher son potentiel, ses charismes, de le reconnaître comme une personne digne d’être considérée et aimée…

Quand je relis une expérience, un évènement : qu’est-ce que je regarde ? et qu’est-ce que je vois ? ce qui s’est passé : le nombre des participants, le déroulement des choses… Je m’arrête à ce qui est superficiel ou est-ce que je regarde les choses plus en profondeur. ? Autrement dit, au-delà du quantitatif, est-ce que je regarde le qualitatif ? ce qui fait sens, ce qui va être moteur et ouvrir d’autres possibles… ce que je suis devenu à mes yeux, aux yeux de Dieu… ce que nous sommes devenus ensemble, ce que nous avons vécu, traversé, les déplacements opérés, ce qui s’est transformé, ce qui a grandi ou ce qui s’est détérioré dans les relations… Est-ce que je regarde d’emblée le verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Le petit prince nous dit : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux » (St Exupéry) Il s’agit de regarder au-delà des apparences, de la mode, des idées reçues, de la pression médiatique…

Chrétiens, croyants, nous avons des repères dans les Ecritures, dans la Tradition vivante de l’Eglise pour voir avec les yeux de la foi.

CF Je leur ai donné tes paroles – orientations pour la catéchèse mai 2007 : « Aimer le monde comme Dieu l’aime, vivre l’aujourd’hui de Dieu sans nostalgie du passé conduit à lire les signes des temps, à saisir les chances et les défis de l’actualité avec le regard de Jésus, à entamer le dialogue en osant demander : ‘Donne-moi à boire’ (Jn 4,7) Telles sont les attitudes chrétiennes qui prédisposent à l’annonce : des yeux pour voir. ‘Il le regarda et l’aima’ (Mc 10,21). Des oreilles pour entendre. ‘Prenez garde à la manière dont vous écoutez !’ (Mc 4,24) Un cœur ouvert pour accueillir, discerner et espérer comme le Christ. ‘Celui qui fait la vérité vient à la lumière’ (Jn 3,21) »

Et d’ailleurs, à plusieurs reprises Jésus dit à ses disciples et notamment à leur retour de mission ‘Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez’ (Lc 10, 21-24).

Chrétiens, croyants, nous sommes convoqués à voir ce qui naît. « ‘Le Seigneur crée du nouveau sur la Terre ! ‘ (Jr 31,22) Le cri de foi de Jérémie nous pousse à avoir un regard positif, ‘un regard sur le monde avec les yeux de la foi’ (Directoire Général pour la Catéchèse 1997). Nous sentons ce qui décline, car cette diminution affecte notre environnement habituel. Mais voyons-nous ce qui lève à côté de nous ? Voyons-nous ceux qui, jeunes ou adultes, demandent les sacrements de la foi, ceux qui, maladroitement parfois, expriment un désir authentique ? Une Eglise catéchuménale reste en éveil : elle écoute, elle accueille, elle chemine, elle patiente : ‘L’amour espère tout’ (1 Co 13,7).

Pouvons-nous proclamer le credo, nous dire croyants si dans le même temps, nous ne voyons que ce qui ne va pas ? Que dit Jésus à Nicodème, : ‘à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu… il vous faut naître d’en-Haut… celui qui fait la vérité vient à la lumière.’ Et ceci même quand on est vieux. Jésus invite à ne pas rester dans les ténèbres (voir tout en noir) mais à naître à la lumière pour reconnaître la nouveauté et la bonté de l’Evangile et annoncer Jésus le Vivant. Mettre notre foi en Jésus le vivant, c’est croire qu’il ouvre des chemins d’humanité, de vérité, de liberté, de justice et de paix. L’Evangile illumine notre existence, nous donne des lunettes pour voir ce qui naît, ce qui est bon, beau, vrai. Apprenons ensemble à nous en réjouir et à rendre grâce au Seigneur. Chacun, personnellement mais aussi en communautés, il nous faut apprendre à porter sur le monde un regard de foi et ainsi porter l’espérance là où nous vivons en apportant chacun notre contribution à le rendre meilleur.

Le pape nous ouvre la voie dans ce sens sur bien des domaines mais retenons l’exemple de Laudato Si. Que fait le pape ? Il émet des constats. Il alerte sur l’avenir de la planète. Et si on ne réagit pas, il annonce les conséquences désastreuses sur les populations et surtout sur les plus pauvres. Mais cet état des lieux, cette sonnette d’alarme qu’il tire courageusement ne l’empêche pas en même temps de continuer de louer Dieu pour toute sa création Et il nous appelle chacun à agir par des petites choses, mais il sollicite aussi l’engagement des scientifiques à aider à trouver des solutions durables, les politiques à oser l’audace et avoir le courage de choix difficiles et justes.

Nous aussi dans nos communautés rurales, tout n’est pas mort, regardons ce qui naît. Réjouissons-nous quand une famille demande le baptême de son enfant et accueillons-la telle qu’elle est ! Réjouissons-nous de voir deux jeunes se rapprocher et s’aimer, même si … Reconnaissons et rendons grâce pour tous les gestes d’entraide et de solidarité dont nous sommes témoins et qui ont goût d’Evangile ! Réjouissons-nous des dons et charismes des plus jeunes qui apportent du souffle et de la nouveauté, même si parfois cela bouscule nos habitudes ! …

Michelle Berthomé

19 janvier 2018 – Paroisse St Jacques en Gâtine

Journée paroissiale de relecture des équipes d’animation

Former une Eglise de la rencontre et du partage – Appeler

 Déjà nos deux synodes précédents nous ont rendus attentifs à l’importance de l’appel dans la vie chrétienne et la vie de l’Eglise :

Routes d’Evangile en 1993 nous parle de la dynamique de l’appel : « Le service de la mission suppose que des acteurs soient appelés. C’est Dieu qui appelle et qui envoie… Tout appel s’enracine dans la conscience de la mission (qui est la nature-même de l’Eglise : d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ). Tout appel s’enracine dans une rencontre du Christ qui fait signe et qui dit à chacun « suis-moi » RE 740

Serviteurs d’Evangile en 2003 parle de la culture de l’appel : « L’appel s’enracine dans une démarche de foi. Tout chrétien en essayant de vivre l’Evangile répond à l’appel du Seigneur… Depuis le précédent synode, l’appel à des responsabilités s’est généralisé : développement des ministères reconnus, mise en route des communautés locales qui ont révélé des capacités chez des personnes qui ont accepté des responsabilités… Appeler est une exigence qui nous vient de Dieu. Pour y répondre, nous devons être inventifs et faire place aux autres… pour bâtir une Eglise aux pierres vivantes. » SE 335 et ss

Le dernier synode Avec les générations nouvelles, vivre l’Evangile de 2018 va dans le même sens avec l’orientation 19 : appeler chacun selon son charisme 

L’appel manifeste la nature même de l’Eglise qui est par nature missionnaire. L’Eglise est une assemblée convoquée, appelée pour devenir elle-même appelante. Appelée dans la dynamique de l’appel entendu par Abraham, Moïse, Amos, Isaïe, Jérémie, Marie, Pierre…

C’est qui est rappelée dans la lettre de mission de chaque ministère reconnu : « C’est un ministère reconnu qui vous est confié : c’est-à-dire une mission à accomplir… un service à assumer au nom de l’Eglise… Il vous revient d’appeler des personnes à la suite du Christ, de contribuer à fonder l’Eglise aujourd’hui et de favoriser la communion entre ceux et celles avec lesquels vous aurez à collaborer. » Une personne n’est pas appelée pour tout faire, ce qui déresponsabiliserait les autres baptisés, mais bien pour en appeler d’autres à participer à la vie et à la mission de l’Eglise. Mais cette personne a mission d’accompagner, de soutenir, de contribuer à la formation de ceux qu’elle appelle. Elle a aussi à faire confiance et ouvrir ses yeux et son cœur pour reconnaître le charisme de chacun.

Michelle Berthomé

19 janvier 2018 – Paroisse St Jacques en Gâtine

Journée paroissiale de relecture des équipes d’animation 

Appeler des disciples missionnaires

Quelles évolutions ? Quels renouvellements de regard et de pratiques les Actes synodaux nous invitent-ils à vivre ?

 Etre des disciples missionnaires :

C’est le pape François qui associe les deux et disciple et missionnaire. Disciple, celui qui met ses pas dans ceux du Christ, qui entend l’appel à le suivre : « Viens, suis-moi » Missionnaire, celui qui est envoyé annoncer la Bonne Nouvelle à ses frères : « Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile » nous dit St Paul.

Voici ce qu’en dit le pape François dans l’Exhortation apostolique la joie de l’Evangile :

  1. En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle. Cette conviction se transforme en un appel adressé à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation, car s’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). La samaritaine, à peine eût-elle fini son dialogue avec Jésus, devint missionnaire, et beaucoup de samaritains crurent en Jésus « à cause de la parole de la femme » (Jn 4, 39). Saint Paul aussi, à partir de sa rencontre avec Jésus Christ, « aussitôt se mit à prêcher Jésus » (Ac 9, 20 ). Et nous, qu’attendons-nous ?
  1. Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ. Je répète ici pour toute l’Église ce que j’ai dit de nombreuses fois aux prêtres et laïcs de Buenos Aires : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de

procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie. Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37).

Les communautés locales ne sont pas d’abord une façon de fonctionner mais elles sont l’expression ecclésiale de notre vocation baptismale. Autrement dit elles rendent effectif, visible ce que nous sommes devenus par le baptême : prêtre, prophète et roi.

Prophète pour annoncer l’Evangile, prêtre pour louer et prier Dieu, roi pour servir le frère. Articuler les trois dimensions de l’existence chrétienne : vivre-croire-célébrer, cœur-tête-mains, annoncer-prier-servir. Plusieurs manières de l’exprimer et de le vivre. Et en cela, nous continuons de faire naître l’Eglise.

« La communauté locale ne doit pas seulement s’occuper de ses propres fidèles ; elle doit avoir l’esprit missionnaire et frayer la route à tous les hommes vers le Christ. Mais elle est tout spécialement attentive aux catéchumènes et aux nouveaux baptisés qu’elle doit éduquer peu à peu dans la découverte et la pratique de la vie chrétienne. » Presbyterorum ordinis 6

Renouveler les communautés locales, ce n’est pas remplir des cases, mais offrir à chacun un chemin de foi… dans une société où tant meurent de ne pas être appelés. « Pourquoi, êtes-vous restés là tout le jour sans rien faire ? C’est que, personne ne nous a appelés. » Mt 20, 6-7

L’Eglise, comme assemblée convoquée, appelée pour devenir elle-même appelante, marquée par une qualité de relations « voyez comme ils s’aiment ».

« L’intuition des communautés locales est d’abord missionnaire. Chaque charge est confiée sur le fondement des sacrements de l’initiation chrétienne pour être témoin de l’Evangile. Ainsi toute charge confiée à l’un ne dispense pas les autres membres de la communauté locale de leur responsabilité propre. En outre, l’Eglise est invitée à se faire proche des personnes : là où vit une équipe de chrétiens, là est l’Eglise, là est le Christ (Mt 18, 20) » SE 2226

Le renouvellement fait partie de la vie habituelle des équipes locales d’animation.

  • Vivre du ressuscité et se tenir au cœur de la foi : voir ce qui naît avec les yeux de la foi pour reconnaître les charismes des uns et des autres et pas que parmi les habitués. Faire confiance et s’ouvrir à la nouveauté en élargissant le cercle « l’espace de notre tente » en évitant de jouer aux chaises musicales.
  • Témoigner de l’amour que nous avons reçu du Père et en vivre entre nous.
  • Etre en communion les uns avec les autres au sein de la communauté locale, au-delà de l’équipe d’animation. Entre communautés locales au sein d’une même paroisse avec des ministres à son service. Parce que la communauté locale est bien ecclésiale, elle n’est pas seule… elle est convoquée et envoyée par le Christ lui-même. Cela est manifesté par l’envoi de prêtres qui assurent la communion entre les communautés locales au sein d’une même paroisse et dans le diocèse.
  • L’esprit des communautés toujours ouvert

Partir des personnes

Appeler et accueillir

Oser la rencontre

Approfondir et créer du neuf

Faire circuler la vie

Avec les générations nouvelles, vivre l’Evangile

Michelle Berthomé

Formation ELA Parthenay, 19-01-2019

Attitudes et postures favorables à l’accueil de la nouveauté

C’est une conversion profonde, personnelle et communautaire, à engager en ce sens.

La nouveauté met à mal nos repères, nos usages, nos habitudes, nos catégories, qui sont autant de sécurités. Prendre la mesure de ces repères en nous. Se connaître, connaître ses limites, savoir le poids de ces configurations personnelles dans nos réactions, nos comportements.

La nouveauté nous remet en question et nous déstabilise : sortir d’une posture confortable de certitude, accepter cette remise en question, et l’insécurité, l’inconfort qu’elle engendre. Il est humain que la nouveauté dérange, déstabilise, insécurise, et ne soit donc pas spontanément accueillie et cultivée.

Prendre le temps de se laisser interroger, quitter les postures réflexes. Se désencombrer de soi-même, de son socle de certitudes et d’habitudes. Ne pas s’assurer/se réassurer trop vite et à trop bon compte. Ne pas se figer en gardiens du Temple.

Prendre la mesure des projections de nous-mêmes sur les autres et sur le monde, qui sont souvent autant d’écrans s’interposant entre nous et la réalité ; soumettre à la critique notre imaginaire (nos représentations, nos appréhensions plus ou moins raisonnées, nos peurs, nos fantasmes). Se mettre à l’école du monde tel qu’il va et des autres tels qu’ils sont. Non pas le monde et les autres tels que nous voudrions qu’ils soient, mais tels qu’ils sont. Se défaire de l’immédiat, des jugements hâtifs vite transformés en jugements définitifs.

Accepter que notre point de vue soit et reste toujours partiel, limité, insuffisant ; qu’il ait besoin d’être régulièrement corrigé, rectifié, ajusté, complété, enrichi. La nouveauté déborde nécessairement nos catégories, révèle nos limites personnelles, rend nécessaire la soumission de notre point de vue à celui d’autrui, appelle le secours d’autres regards, d’autres lectures.

Vouloir/savoir se rendre attentifs à ce qui se vit et se passe autour de nous, à la nouveauté du présent (événements, personnes, mouvements de fond et de surface…). Sortir de soi et engager de soi-même pour pouvoir guetter et interpréter les signes des temps (formule de Jésus lui-même, Mt 16). Cultiver la vigilance, la perméabilité aux signes lancés, si ténus soient-ils (la nouveauté peut être très discrète et très silencieuse). S’entretenir en équipe dans cette vigilance, pratiquer la correction fraternelle, pouvoir/savoir confesser humblement son désarroi devant cette nouveauté du présent.

Prendre régulièrement le temps (seul, en équipe) de cette interrogation : mon/notre regard sur autrui et sur le monde (proche et plus lointain) est-il vraiment, encore et encore, celui d’un/de disciple(s) de Jésus ? Reste-t-il fidèle à la nouveauté de Dieu, de son alliance avec nous, de l’Évangile ? Reste-t-il animé et dilaté par l’espérance, par la foi en l’action de l’Esprit de Dieu dans notre monde et en tout homme, qui nous interdit le scepticisme, la posture désabusée, la sclérose ? Comprendre que notre fidélité évangélique est à ce prix.

Se mettre à l’écoute et à l’école de la Parole de Dieu, qui ne cesse d’en appeler au renouvellement de nos regards, pour guérir de nos aveuglements et de nos surdités.

Nous appliquer en ce sens la prédication des prophètes :

18 Vous, les sourds, entendez ! Vous, les aveugles, regardez et voyez ! 19 Qui est aveugle, sinon mon serviteur, qui est sourd, sinon le messager que j’envoie ? Qui est aveugle comme mon familier, sourd comme le serviteur du Seigneur ? 20 Tu as vu beaucoup de choses, sans rien retenir, ouvert les oreilles, sans rien entendre ! » (Isaïe 42)

21 Écoutez donc ceci, peuple stupide et sans intelligence ! – Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas ! (Jérémie 5)

01 La parole du Seigneur me fut adressée : 02 « Fils d’homme, tu habites au milieu d’une engeance de rebelles ; ils ont des yeux pour voir, et ne voient pas ; des oreilles pour entendre, et n’entendent pas, car c’est une engeance de rebelles. » (Ezéchiel, 12)

la prière des psaumes :

« Ouvre mes yeux, pour que je contemple Les merveilles de ta loi ! […] Je cours sur le chemin de tes commandements car tu m’ouvres l’esprit. » (Psaume 119), « Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. Plus qu’un veilleur ne guette l’aurore, attends le Seigneur, Israël. » (Psaume 130)

la prédication de Jésus lui-même :

« Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien ! Moi, je vous dis… » (Mt 5) ; « Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprissent les Écritures » (Lc 24). « Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. » (Mt 9, 16-17)

celle de Paul :

09 Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, 10 et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance. (Colossiens 3)

22 Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur. 23 Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée. 24 Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité. 25 Débarrassez-vous donc du mensonge, et dites la vérité, chacun à son prochain, parce que nous sommes membres les uns des autres. (Ephésiens 4)

Se rappeler régulièrement que la nouveauté radicale apportée par Jésus a été souvent mieux perçue, reconnue et accueillie par des étrangers et/ou des personnes rejetées, méprisées : un centurion romain (Lc 7, Mt 8, Jn 4), le publicain Zachée (Lc 19), une Samaritaine (Jn 4)…

Méditation de Marion Muller-Colard (théologienne et pasteure), en commentaire de Luc 4, 14-21 :

Si tu accomplis la Parole

ne dérobes-tu pas à nos organisations la rassurante répétition de choses déjà connues ?

Ne nous prives-tu pas du petit trésor qui tient juste entre nos mains, de ce que nous fabriquons sagement sur mesures ?

Et voilà que tu nous entraînes vers le Démesuré

vers la vertigineuse contemplation de quelque chose de si grand

qu’il nous est difficile de l’appréhender

Si tu accomplis la Parole

ne bouscules-tu pas nos ordres établis ?

Et voilà que ta marche incessante fait trembler sous nos pieds

un sol que tu nous donnes, non pour nous y ancrer

mais pour le fouler

Si tu accomplis la Parole

donne-nous de renoncer à nos conforts humains

et à nos garanties

Et si, à ta suite, nous accomplissons ce que nous sommes

que ce soit pour te suivre, pour briser les miroirs de l’identique

pour risquer avec toi, l’éternel Inédit.

Philippe Devaux

Les points forts

La mission

  • L’entrée dans une mission est une porte ouverte à la vie de la communauté (sépultures, chorale,…)
  • Nous avons la Joie d’accueillir Alexandrine dans sa mission
  • Martine est un pilier de notre fraternité, efficace et aimante.
  • Nous pouvons nous appuyer sur notre bonne volonté à agir, en paroisse et en équipe (dimension d’Église)

Vie personnelle

  • L’appel fait cheminer soi-même.
  • L’investissement pastoral nous fait nous découvrir.
  • Avoir le naturel de dire sa foi

Vie d’équipe

  • Une équipe soudée
  • Une équipe de fraternité qui se retrouve
  • Confiance, bienveillance
  • La chaleur, l’amitié dans les équipes, l’acceptation facile des nouvelles idées
  • Une bonne équipe avec l’arrivée de nouvelles personnes pour nous redynamiser

Prière, sacrements, liturgie

  • Pèlerinage et la force de la prière. Appel et profondeur à Notre-Dame-de-L ‘Agenouillée et découverte de son message
  • Préparation des messes et des sépultures
  • Porter la communion aux malades

Amour, amitié

  • L’Amour peut tout. L’Amour donne la vie. L’Amour vient de Dieu.
  • Amitié à SOS Alcool
  • L’amitié dans les équipes
  • Savoir transmettre son Amour

Joie et espérance

  • Les couples qui rejoignent l’Église par la préparation à leur mariage
  • La joie de donner et recevoir
  • La nouveauté, c’est chaque jour.
  • Un synode pour les générations nouvelles

Rencontre

  • Rencontre des familles en deuil
  • Rencontre avec les familles lors des baptêmes, mariages et préparations des sépultures
  • Rencontrer les personnes seules, leur donner de la joie
  • Fête paroissiale avec tous les jeunes
  • Bonne relation avec les municipalités
  • Rencontres intergénérationnelles
  • Rencontre de belles personnes
  • Rester simple dans la rencontre avec l’autre

Communication

  • Une commission communication qui s’étoffe et porte le souci de la communion

Appeler, accompagner

  • Appeler car on n’entrevoit pas la relève
  • Appeler les plus jeunes
  • Faire le pas vers la jeunesse
  • Trouver des moyens pour appeler (x 2) sans contraindre
  • Rechercher des personnes aptes à effectuer ces tâches
  • Aider à former. Accompagner

Se rendre disponible, s’organiser

  • Manque de temps
  • Ne pas en demander trop
  • La réunion du Conseil Pastoral trois fois par an à Châtillon commence à exercer un poids assez lourd.
  • Regrouper nos forces en fraternité
  • S’organiser pour l’emploi du temps, l’agenda (pour ne pas oublier les rencontres)

Accueillir

  • Oser laisser sa place pour accueillir l’autre
  • Oser changer notre regard et voir ce qui naît, même dans les petites choses
  • Ne pas laisser des personnes sur le bord du chemin

Foi, prière personnelle et collective

  • Ne pas avoir honte d’être chrétien ; ne pas avoir peur de se dire chrétien
  • Partage de la Parole, temps de prière, Rosaire
  • Participer davantage aux temps d’adoration et louange
  • Situer la Parole de Dieu dans nos rencontres ou réunions

Charité

  • Visiter les personnes en difficulté
  • Être attentif à une forme de pauvreté spirituelle dans les maisons de retraite
  • Aller au-devant de ces personnes qui tendent la main et partager leur peine
  • Aller rencontrer les familles
  • Suivi avec les familles

Communication

  • Améliorer la communication écrite interne (invitations, compte-rendu)et externe (affiches, articles dans les journaux, émissions de radio)
  • Rayonner davantage en dehors de l’Église
  • S’adapter plus les uns avec les autres. Manque de dialogue
  • Mieux partager