1er janvier 10h30 Notre Dame de Chauvigny Messe de la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

Communication paroisse Saint Pierre II en Chauvinois.

Pour la plupart de nos concitoyennes et concitoyens de 2020, le 1er janvier marque seulement le début d’une nouvelle année, l’échange des voeux et parfois de cadeaux. Il n’en a pas été toujours ainsi et ce n’est pas le cas pour tous les habitants de notre terre (1). Pour les fidèles catholiques, c’est une importante fête religieuse, la Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu ainsi que la Journée Mondiale de la Paix. et là aussi il n’en a pas été toujours ainsi.

C’est le Pape Pie XI en 1932, qui institua d’abord la fête de Marie mère de Dieu, alors célébrée le 11 octobre.

La solennité de Marie mère de Dieu a été introduite par la réforme liturgique consécutive au concile Vatican II et elle fut fixée au 1er janvier à la place de la liturgie de la Circoncision de Jésus.

Cette dernière liturgie s’était installée au IV° siècle dans l’Eglise latine, en lien avec la décision de placer la naissance de Jésus le 25 décembre, En effet selon la Loi de Moïse le nouveau-né de Béthléem a été circoncis et a reçu le Nom de Jésus au 8éme jour après sa naissance. Nos frères orthodoxes continuent de la fêter le 1er janvier. L’art occidental a fourni de nombreux tableaux représentant la Circoncision de Jésus, dans la période allant de la fin du Moyen-âge jusqu’au XVII° siècle. Après cette période, ce thème de la circoncision de Jésus est quasiment abandonné. On soulignera que parfois des oeuvres ont été présentées comme  « Circoncision de Jésus » alors qu’il s’agissait de la « Présentation au Temple » (et inversement). La circoncision était en effet réalisée en famille et non pas dans le Temple.

La Solennité de Sainte Marie, mère de Dieu.

Le choix fait par les Pères conciliaires d’en faire une solennité avait pour but de mieux mettre en valeur la place éminente de Marie dans le Mystère du Salut. Ainsi, désormais nous commençons  la nouvelle année en célébrant au jour de l’Octave de Noël, la solennité de Marie mère de Dieu. L’évangile de la messe est celui de la venue des bergers à la crèche.

En effet, depuis le concile d’Éphèse en 431, l’Église vénère la vierge Marie sous le titre de mère de Dieu, (Sancta Maria Dei Genitrix) en grec Théotokos. Cette solennité célèbre le mystère de l’incarnation. Quoique le titre de mère de Dieu ne soit pas dans l’Écriture, il a une valeur œcuménique. Pour Martin Luther, dans le titre de Mère de Dieu est contenu tout l’honneur de Marie. « Une femme mère de Dieu », c’est une formule audacieuse qui exprime bien le sens de la solennité de Marie, le sens de la fête de Marie mère de Dieu.

On peut souligner que c’est du qualificatif « Mère de Dieu » que la réflexion théologique et le « sens de la foi » des fidèles on conduit à définir progressivement le concept de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie » devenu dogme pour l’Eglise catholique romaine en 1854.

De manière un peu paradoxale  nos frères orthodoxes, pourtant très sensibles à la maternité divine de Marie, ne célèbrent pas la solennité de Marie mère de Dieu. En effet, le 1er janvier est célébrée la liturgie de saint Basile de Césarée (329-379). C’est à l’occasion de cette fête du premier janvier, que l’on fait des dons aux enfants en Russie ou en Grèce.

Journée mondiale de la Paix

L’Église catholique célèbre la Journée mondiale de la paix le 1er janvier, journée de prière instituée par le pape Paul VI en 1968 et non la Journée internationale de la paix qui a lieu le 21 septembre (ONU).

Icône du « Doux baiser » avec l’inscription abrégée en alphabet grec  « Mère de Dieu »

Extrait de l’hymne « acathiste » à la très sainte Mère de Dieu

Les bergers entendirent les anges chanter la venue du Christ en la chair et,
courant vers lui comme vers leur pasteur, ils le contemplèrent tel un agneau
immaculé paissant sur le sein de sa mère, et ils lui chantèrent cette hymne :

Réjouis-toi, Mère de l’Agneau et du Pasteur ; réjouis-toi, Bercail des brebis
spirituelles !
Réjouis-toi, Protection contre les ennemis invisibles ; réjouis-toi, Clef des portes
du Paradis !
Réjouis-toi, car les cieux se réjouissent avec la terre ; réjouis-toi, car ce qui est
sur la terre danse en choeur avec les cieux !
Réjouis-toi, Eloquence toujours persuasive des Apôtres ; réjouis-toi, Courage
invincible des athlètes victorieux !
Réjouis-toi, puissant Soutien de la Foi ; réjouis-toi, Signe éclatant de la grâce !
Réjouis-toi, par toi fut dépouillé l’enfer ; réjouis-toi, par toi nous avons été
revêtus de gloire
Réjouis-toi, Epouse inépousée !

Composée au VII°siècle, ‘hymne byzantine surnommée acathiste ‘ce qui signifie mot à mot « qui se chante sans s’asseoir » est un des sommets, sinon le sommet, de la poésie et du chant orthodoxe. En cliquant sur ce lien, vous pourrez la lire  dans une traduction empruntée au site « Sagesse orthodoxe ».Acathiste-à-la-très-Sainte-Mère-de-Dieu  et en copiant ce lien dans votre navigateur vous pourrez l’écouter en totalité (2h22minutes) https://www.youtube.com/watch?v=zowRG45Fk5g

(1) Le 1er janvier, début de la nouvelle année. Cela n’a pas toujours été le cas et ne l’est toujours pas à la surface de notre Terre. Chez les peuples usant d’un calendrier solaire, le début de l’année a toujours été fixé par pure convention. Ainsi, l’année romaine commençait avec le mois de mars (les noms de nos quatre derniers mois de l’année, tout comme leurs abréviations anciennes, rappellent clairement qu’ils occupaient, dans ce premier calendrier romain, les positions sept [septem, 7bre], huit [octo, 8bre], neuf [novem, 9bre] et dix [decem, 10bre]). Jules César, sur les conseils de Sosigène d’Alexandrie, avança de trois mois cette date : l’an 709 de Rome (— 45 des chronologistes, — 44 en notation algébrique des astronomes) commença le 1er janvier et c »est la date initiale de la réforme julienne, que Rome – et avec elle les nations soumises à sa domination – appliqua pendant 345 ans.

C’est dans la même logique qu’en 532  l’Église latine décide de faire commencer l’année à la fête du premier janvier, mois qui suit immédiatement la naissance du Christ.

Il a fallu beaucoup de temps pour que la pratique s’instaure. En effet, au fil des siècles, l’année n’a pas commencé partout au 1er janvier, et son début a varié au gré des Églises, des époques et des pays. Pour ne citer d’abord que la France, l’année commençait le 1er mars dans nombre de provinces aux VIeVIIe siècles ; à Noël au temps de Charlemagne (et en certains lieux, tel Soissons, jusqu’au XIIe s.) ; le jour de Pâques sous les Capétiens, ce qui donnait des années de longueur très variable (usage quasi général aux XIIeXIIIe s et jusqu’au XVIe s. dans certaines provinces) ; toutefois, en quelques régions, l’année commençait à date fixe, le 25 mars, jour de l’Annonciation. C’est ainsi qu’on peut lire, dans la Généalogie des rois de France (1506) de Bouchet : « Charles VIII alla à trépas au chasteau d’Amboise le [samedi] 7 avril 1497 avant Pasques [le 15 avril cette année-là], à compter l’année à la feste de Pasques ainsi qu’on le fait à Paris, et en 1498 à commencer à l’Annonciation de Nostre-Dame ainsi qu’on le fait en Aquitaine. »

Ce n’est qu’en 1564 que, par édit de Charles IX, le début de l’année fut obligatoirement fixé en France au 1er janvier et les fausses étrennes et « poissons d’avril » sont un lointain souvenir des dates révolues.

La nouvelle année commence donc en France à la date du premier janvier depuis 1564, ce qui est repris lorsque  le calendrier dit « grégorien » (notre calendrier actuel) sera instauré en 1582 par le pape Grégoire XIII. Comme en France, le 1er janvier est un jour férié dans de nombreux pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Angleterre, Danemark, Suède, Finlande, Italie, Espagne, Russie, Grèce…

Pendant la Révolution française, la République ayant été proclamée le 22 septembre 1792, date qui se trouvait être le jour équinoxial d’automne, le calendrier républicain fixa le début de l’année « au jour civil où tombe l’équinoxe d’automne au méridien de Paris » soit le 1er Vendémiaire. On revint en 1806  au 1er janvier comme date du Nouvel An

Même si nos esprits cartésiens ont du mal à l’envisager, nos ancêtres n’étaient guère gênés par le fait qu’en Russie, l’an commençait le 1er septembre jusqu’au règne de Pierre le Grand, où il commença le 1er janvier (mais avec le calendrier Julien…) et qu’en Angleterre l’an débutait le 25 mars. Ce royaume n’accepta le 1er janvier qu’avec la réforme grégorienne mise en place tardivement : de ce fait l’année anglaise 1751 ne comporta que neuf mois et une semaine !

Aujourd’hui, si le 1er janvier s’est largement répandu, il est loin néanmoins  d’être la règle.  C’est la cas en particulier pour toutes les cultures ayant retenu un calendrier lunaire ou luni-solaire. Il en est ainsi pour nos frères musulmans et juifs:  le début de l’année musulmane n’est pas le 1er janvier, il est le premier jour du mois de Muharrams qui ne débute pas au même moment dans tous les pays musulmans. Les musulmans fêtent le 1er muharram le nouvel an musulman. Le début de l’année juive n’est pas non plus le 1er janvier. Les Juifs fêtent Roch Hachana, le nouvel an juif. C’est le début de l’année civile juive dont la date varie selon les années.

La présence de nombreuses communautés chinoises en France nous a fait découvrir les festivités du Nouvel An chinois. Le calendrier chinois étant un calendrier luni-solaire, la date du Nouvel An chinois dans le calendrier grégorien varie d’une année sur l’autre, mais tombe toujours entre le 21 janvier et le 19 février, lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d’hiver quand le soleil se trouve dans le signe du verseau. C’est, comme tous les commencements de mois lunaires chinois, le premier jour d’une nouvelle lune.

Quant à l’Union Indienne, seconde et bientôt première nation de notre planète,  elle a conservé le 1er janvier, héritage de la colonisation anglaise, comme date officielle, laissant ensuite à chacune de ses cultures et religions la gestion de son calendrier propre.